Simon-Pierre apprécie la virilité en géopolitique

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 1 avril 2022 · 3 min de lecture

Simon-Pierre apprécie la virilité en géopolitique
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Les tragi-comiques péripéties de la famille Schinken Pochon ///// Pour lui, la féminisation de l’Europe est désolante. Simon-Pierre trouve que la confrontation entre la Russie et les Etats-Unis a quelque chose de viril qui lui semble préférable au wokisme et à l’écriture inclusive. Il se réjouit du retour en faveur de l’énergie nucléaire et de l’armée. Pour fêter ça, il invite ses camarades à une rencontre ludique.

Jacques-André Schinken est professeur d’histoire-géographie, il vote socialiste, il a 56 ans. Nadège Pochon est psychologue, elle vote Vert Libéral, elle a 55 ans. Ils ont deux enfants, Simon-Pierre, 21 ans, étudiant en droit, et Prune, 19 ans, artiste.

J’ai honte d’être Européen. Le wokisme nous a complètement pervertis, ramollis, féminisés. Nous ne sommes plus capables d’avoir une pensée virile, sans même parler des actes. Mon idiote de sœur, par exemple, était censée aller livrer les habits de mon père et ses chaussures de ski en Ukraine. Eh bien, elle s’est contentée de tout refiler à une association caritative et elle est allée faire la bobo au Festival International de Films de Fribourg.

Mon père déprime, aucune des candidates socialistes n’a été élue au premier tour des élections cantonales vaudoises. Alors il distribue des flyers et des chocolats en forme de cœur pour convaincre les gens de voter PS au second tour. Des chocolats en forme de cœur… Il veut que la Suisse abandonne ses droits pour entrer dans l’Union européenne et en même temps il défend celui des Ukrainiens à avoir une nation indépendante. Cherchez l’erreur.

Quand je vois Biden et Poutine, je me dis qu’eux, ce sont des vrais hommes. De vrais chefs d’Etat qui défendent la culture et les intérêts de leur peuple. L’écriture inclusive n’est pas prête de pervertir leurs discours. Vous imaginez: «Vilain.e Poutine, iel ferait bien d’arrêter d’embêter l’Ukraine, sinon panpan-cucul.» Ou «Si les Américain.e.s continuent de vouloir installer leurs missiles à nos frontières, je casse tout chez les Ukrainien.es.»

Nos voisins ont accueilli une famille venue de Kiev. Maman trouve que ce n’est pas prudent, que les Russes pourraient ne plus livrer de gaz à la Suisse et arrêter d’acheter nos montres. Papa, lui, a peur qu’ils viennent bombarder les Ukrainiens jusque chez nous. Pour une fois d’accord, ils ont écrit aux voisins pour leur demander de loger leurs réfugiés ailleurs, par exemple en Italie ou en Grèce. Moi, je me méfie du fils: il a l’air efféminé, je suis sûr que c’est un woke.  

Les fabricants d’armes suisses se réjouissent, leurs perspectives économiques sont bonnes. Grâce à Vladimir Poutine et Joe Biden, l’Europe se revirilise un peu et se réarme. Ces mollachus de pacifistes l’ont dans le baba. En plus, l’énergie nucléaire a de nouveau le vent en poupe: pour pouvoir continuer de consommer, les gens sont prêts à tout, ah ah ah! J’adore les centrales nucléaires, leurs tours de refroidissement comme bandées vers le ciel!     

Maman est formidable, elle a retrouvé mon G.I Joe dans un carton que papa a sorti de l’abri antiatomique. Mes camarades des White Falcons vont prendre les leurs et on se retrouve dans le sauna de Kevin pour jouer à la guerre. Nous serons nus, en sueur: ce sera viril!   


Les épisodes précédents

La bonne résolution de Jacques-André 

Nadège est un peu déprimée par l’actualité 

Prune se cherche un genre 

La révolte bout chez Simon-Pierre 

Jacques-André se remémore les concerts de sa jeunesse 

Le slalom idéologique et affectif de Nadège 

Prune a des envies de sauce bolognaise 

Les woke n’auront pas raison de Simon-Pierre 

Jacques-André renonce momentanément à la salade russe 

Les décisions énergiques mais humaines de Nadège 

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