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Donald Trump ou le stade anal de la politique

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 17 avril 2026 · 16 min de lecture

Donald Trump ou le stade anal de la politique
© Depositphotos

Que le chef de la première nation du monde se prenne pour Jésus-Christ et invective le pape qui l’a remis à sa place témoigne d’une inquiétante régression politique. Après le stade oral — celui du verbe creux — de ses prédécesseurs, le président américain, tel un bébé tyrannique assis sur son «trône», inaugure le temps du relâchement des sphincters et du chaos. Tandis que le reste de la planète détourne lâchement le regard.

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Ce qu’il y a de bien avec la politique américaine depuis dix ans, c’est qu’on n’est jamais déçu. Chaque jour apporte son lot de surprises et de rebondissements sans qu’on ne puisse jamais prévoir quel sera le dernier coup de folie du président en place. Rien ne sert de consulter les experts, les géopoliticiens et les professeurs, car, aussi capés soient-ils, ils n’éclairent pas.

Non, pour se retrouver dans ce gâchis, mieux vaut relire les Anciens: les Vies parallèles de Plutarque et, surtout, la Vie des Douze Césars de Suétone ou les Annales et les Histoires de Tacite.

Les présidents américains ont en effet accumulé tant de pouvoir depuis la chute de l’empire soviétique qu’ils se comportent en tyrans à la manière des empereurs romains. Osons la comparaison. Prenez Caligula. Complètement imprévisible, alternant générosité et cruauté extrêmes, il se prenait pour un dieu vivant. Il aimait humilier son entourage et ses visiteurs et, pour montrer le peu de considération qu’il avait pour eux, avait nommé son cheval consul… Sorte d’Epstein avant la lettre, Héliogabale ne valait guère mieux: il se prenait pour le Soleil invaincu, Sol invictus, et violait toutes les règles habituelles du pouvoir romain, politiques, sexuelles, religieuses. Le mégalomane Néron s’imaginait grand artiste et jouait de la lyre devant les ruines fumantes de Rome, à laquelle il avait bouté le feu. Quant à Commode, il se comparait à Hercule et, frappé par la folie des grandeurs, il voulut rebaptiser Rome et les mois de l’année…

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