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Fasciste! Antisémite! Extrême droite! Ou quand la politique touche le fond

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 18 septembre 2026 · 6 min de lecture

Fasciste! Antisémite! Extrême droite! Ou quand la politique touche le fond
© Image générée par IA

A force d’être brandies à tout propos, ces étiquettes finissent par vider les mots de leur sens et par empêcher tout débat contradictoire. Une dérive qui n’est pas sans conséquences pour la démocratie. Et qui finit même par se retourner contre ses auteurs en alimentant le succès des partis qu’ils cherchent à marginaliser. La cause des succès récents de l’AfD en Allemagne n’est pas à chercher ailleurs.

L’accusation systématique de «fascisme» ou d’«extrême droite» lancée contre quiconque s’écarte des narratifs dominants sur l’immigration, la guerre en Ukraine, les politiques sanitaires, l’OTAN, le genre ou le climat est tout sauf anodine. Elle fonctionne comme la dénonciation dans un tribunal de l’Inquisition: aussitôt désigné, l’accusé devient coupable. Son droit d’être entendu devient superflu. On ne discute pas avec un «fasciste», pas plus qu’on ne discute avec un apostat. C’est avec ce genre d’accusation/condamnation que fonctionnent les médias publics et la presse mainstream, qui sont passés maîtres dans l’art de mettre les apparences de la légitimité de leur côté pour mieux réduire au silence les voix dissidentes.

La paisible Suisse, habituée des débats feutrés et des fleurets mouchetés, n’échappe pas à la règle. La campagne sur l’initiative sur la neutralité, un sujet pourtant peu clivant au départ, vient d’en administrer la preuve: quand on voit un conseiller national radical valaisan pulvériser tous les principes de l’honnêteté intellectuelle en accusant ses adversaires de poutinistes vendus à la Russie et un conseiller aux Etats genevois d’habitude mieux inspiré hanté par le spectre de Blocher à la simple évocation de la neutralité suisse, il y a du souci à se faire sur l’avenir des débats démocratiques et pour les défenseurs des opinions minoritaires dans ce pays.

S’attaquer au messager plutôt qu’au message, chercher à salir son adversaire plutôt qu’à contrer ses arguments sont des techniques de combat politique aussi vieilles que le monde. Ce qui est nouveau, c’est la systématique de la méthode utilisée par l’extrême-centre, ce vaste marais qui, de la gauche sociale-démocrate à la droite libérale, contrôle les médias installés et les gouvernements en place et exclut du débat quiconque pourrait menacer son hégémonie.

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