L’Allemagne de l’Est trop longtemps oubliée


Les élections en Sachsen-Anhalt et en Poméranie occidentale ont au moins un mérite: elles rappellent à notre souvenir l’importance d’un pan de l’Allemagne si longtemps laissé dans l’ombre, vu comme le simple héritage d’une RDA grise et tyrannique. Clichés aberrants. Plonger dans la réalité par le voyage et la lecture est autrement plus enrichissant.
De retour d’Allemagne 2/3
Les touristes de l’ouest ne s’y précipitent pas mais ils sont nombreux dans quelques villes. Pour retrouver ces foyers de culture qui ont nourri l’Allemagne plus qu’aucune autre région. Goethe, Schiller, Bach, Liszt, Hölderlin et tant d’autres ont vécu dans les environs de Weimar, ancrage aussi de la mouvance architecturale du Bauhaus de l’entre-deux-guerres qui y a enfin son musée. Sans oublier Eisenach où Luther a traduit la Bible en allemand (1520-1522).
Se promener dans cette ville, ou à Erfurt, à Jena, ou même à Dresden, admirablement reconstruite après avoir été rasée par les Britanniques dans les derniers jours de la guerre, c’est palper la fibre profonde de l’Allemagne qu’on aime. Une autre destination, moins réputée, a connu le même sort, Magdeburg. Où une cathédrale impressionnante a miraculeusement survécu. On marche le long de larges avenues bordées de grands immeubles sans charme avec, cependant, une saillie spectaculaire, la «Citadelle verte» — plusieurs constructions entremêlées aux couleurs vives — terminée en 2005 et due à Friedensreich Hundertwasser, l’architecte qui détestait les angles droits.




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