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La guerre, l’euphorie et l’effroi
Les Européens ont toutes raisons de détester la guerre. Mais quelques-uns de leurs chefs paraissent fascinés par sa perspective. Le 14 juillet que prépare Emmanuel Macron en atteste. Outre les Français, des Britanniques, des Allemands et des Ukrainiens défileront ensemble, en présence d’Ursula von der Leyen. Ce vacarme, comme tant de discours de même tonalité, écrase les voix qui osent parler de négociations, de dialogue, de paix.

Jamais les leaders européens n’ont été aussi impopulaires. Crise en vue?
Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer: les principaux dirigeants européens battent des records d'impopularité, tandis que les leaders dits «populistes» résistent mieux à l'épreuve de l'opinion. Au-delà des sondages, ce décrochage interroge la capacité des élites libérales à entendre les attentes de leurs peuples et à répondre à leurs préoccupations essentielles.

Une Allemagne brisée: l’Europe face à son suicide économique
En 2026, l’Allemagne affronte une crise industrielle profonde qui dépasse le simple cycle économique. La première économie européenne paie l’empilement de choix politiques ayant fragilisé son appareil productif, sur fond d’énergie coûteuse, de pressions géopolitiques et de transition verte mal conçue. L’UE est désormais confrontée à ses contradictions.

Terrorisme: Berlin frappé au cœur
L’actualité, proche et tragique, ou spectaculaire et géopolitique, a éclipsé l’évènement. Parlant lui aussi. Le terrorisme a plongé une partie de Berlin dans le noir: le groupe d’extrême-gauche Vulkan a incendié un centre de distribution électrique dans la nuit du 3 au 4 janvier. Les Berlinois se demandent comment on a pu en arriver là. Un point noir de plus sur le tableau du déclin de l’Allemagne?

Les penchants suicidaires de l’Europe
Si l’escalade des sanctions contre la Russie affaiblit moins celle-ci que prévu, elle impacte les Européens. Des dégâts rarement évoqués. Quant à la course aux armements, elle est non seulement improductive – sauf pour les lobbies du secteur – mais elle se fait au détriment des citoyens. Dans d’autres domaines également, les décisions moralisantes peuvent avoir de fâcheux effets. Comme si la volonté de faire juste et bien tournait à l’absurde automutilation.

Les poisons qui minent la démocratie
L’actuel chaos politique français donne un triste aperçu des maux qui menacent la démocratie: querelles partisanes, déconnexion avec les citoyens, manque de réflexion et de courage, stratégies de diversion, tensions… Il est prévisible que le trouble débouchera, tôt ou tard, sous une forme ou une autre, vers des pouvoirs autoritaires.

Démocratie en panne, colère en marche
En France, ce n’est pas tant le tourniquet des premiers ministres et la détestation de Macron qui inquiètent, c’est le fossé qui se creuse entre la société et le cirque politicien, avec son jeu d’ambitions qui paralyse le pays. Le tableau n’est guère plus réjouissant en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne. Sur quoi déboucheront ces frustrations, ces colères, ces rejets? On ne le sait encore. Il est sûr cependant que les droites de la droite ont le vent en poupe.

Le trio des va-t-en-guerre aux poches trouées
L’Allemand Merz, le Français Macron et le Britannique Starmer ont trois points communs. Chez eux, ils font face à une situation politique, économique et sociale dramatique. Ils donnent le ton chez les partisans d’affaiblir la Russie par tous les moyens au nom de la défense de l’Ukraine et marginalisent les Européens qui misent sur la voie diplomatique. Ils font leur possible pour faire taire les opinions et les informations qui contrarient leur récit.

Extrémistes? Fachos? Pro-russes? La valse des étiquettes
Ces deux évènements donnent à réfléchir. Les services de renseignement allemands déclarent le principal parti d’opposition, l’AfD, «extrémiste de droite attesté». En Roumanie, le candidat «antisystème» arrive en tête du premier tour des élections présidentielles. Il est étiqueté «extrême-droite» et «pro-russe». Deux questions à se poser. Ces formations menacent-elles la démocratie de leur pays? Pour quelles raisons trouvent-elles la faveur d’un si grand pan de l’électorat?

Le poids de l’histoire, révélateur et si lourd
Les tragédies du 20e siècle laissent plus de traces dans l’âme des peuples qu’on ne le dit dans le brouhaha de l’actualité. Lorsque le bientôt chancelier d’Allemagne veut livrer à l’Ukraine les missiles Taurus capables de frapper Moscou, lorsqu’il désigne tous les jours la Russie comme un péril global, celle-ci se sent provoquée. A oublier les traumatismes du passé, des irresponsables jouent avec le feu.

Ces Allemands qui veulent quitter leur pays
La «Frankfurter Allgemeine Zeitung» met le doigt sur un sujet sensible. Nombre d’Allemands émigrent ou rêvent de le faire. Mais pourquoi?

La démocratie tousse. C’est grave docteur?
Elle n’est qu’un mot vide sur de vastes pans de la planète. Ou brinquebalante entre ses béquilles autoritaires. Elle subit de méchants coups aux Etats-Unis, livrée au règne des super-riches. Pour qui l’aime, vive donc l’Europe! Mais s’y porte-t-elle si bien et partout? Pas sûr.

L’Allemagne méconnaissable: pirouettes politiciennes et montagnes de dettes
Les électeurs de la bonne vieille droite (CDU/CSU) n’en reviennent pas. Du jamais vu. Leur campagne promettait la rigueur budgétaire, or au lendemain de leur victoire, tous les verrous sautent. Ils voulaient la défaite de la gauche et l’ont obtenue… or celle-ci se retrouve aujourd’hui au gouvernement. Idem pour les Verts. Il n’y pas qu’en France que les perdants retrouvent le pouvoir dans des alliances hétéroclites. De quoi dégoûter de la démocratie parlementaire?

L’Allemagne cassée
Les Suisses, plantés au milieu du Vieux-Continent, ont tant de liens avec leurs proches voisins allemands, linguistiques, affectifs aussi. Cela fait donc mal de voir ce pays profondément divisé entre l’est et l’ouest. Sans les murs ni les Vopos de la défunte DDR, mais toujours aussi scindé en deux.

Cancre autrefois, chancelier allemand demain?
Ce sera une belle revanche pour lui et un bout de l’Allemagne profonde qui arrivera au sommet à Berlin si Friedrich Merz, le candidat de la CDU à la chancellerie, est élu dimanche prochain, expliquent nos confrères des «Echos». Ce qui risque fort d’arriver.

Qui manipule qui?
Les discours de fin d’année des présidents français et allemand sur la démocratie et contre l’«ingérence extérieure» pourraient prêter à sourire si Emmanuel Macron et Frank-Walter Steinmeier ne nous prenaient pas pour des idiots incapables de nous faire une opinion. Car nos pays démocratiques en connaissent un bout sur les «ingérences». Et quiconque aujourd’hui nuance le discours dominant est accusé de diffuser des «fake news».



