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Le trio des va-t-en-guerre aux poches trouées

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 29 août 2025 · 5 min de lecture

Le trio des va-t-en-guerre aux poches trouées
Le Chancelier allemand Friedrich Merz, le Président français Emmanuel Macron et le Premier ministre anglais Keir Starmer. - © Shutterstock

L’Allemand Merz, le Français Macron et le Britannique Starmer ont trois points communs. Chez eux, ils font face à une situation politique, économique et sociale dramatique. Ils donnent le ton chez les partisans d’affaiblir la Russie par tous les moyens au nom de la défense de l’Ukraine et marginalisent les Européens qui misent sur la voie diplomatique. Ils font leur possible pour faire taire les opinions et les informations qui contrarient leur récit.

Sommaire

Le pire se joue à Paris. Selon toute vraisemblance, dès le 8 septembre, la France n’aura plus de gouvernement, le malheureux Bayrou quittant la barque faute de la confiance du Parlement. Le 10 septembre s’annonce une vague de manifestations de colère sociale, promises à des débordements. Comme par hasard, ce même jour, Macron convoque une réunion au Conseil de défense, un organisme militaire, pour combattre la «désinformation» sur les réseaux sociaux. Que mijote-t-il? Activer l’article 16 de la constitution et prendre ainsi des pouvoirs exceptionnels, hors du Parlement? En tout cas, il se pose déjà en chef de guerre, rêvant d’envoyer tôt ou tard des troupes en Ukraine. Alors même que les Français ne sont pas chauds du tout à cette idée. Alors même que le problème numéro un du pays, c’est l’abîme de la dette publique. Le seul versement des intérêts dépasse le budget de l’éducation nationale ou celui de la défense. Ce grand écart entre le déclin dramatique de l’économie et l’ambition belliciste ne sera pas tenable longtemps. Mais «Kéké rose», comme les insolents le désignent sur les réseaux, n’en a cure. Il ne songe qu’à sa gloire personnelle. 

L’Allemagne a mieux à faire que se préparer à la guerre

Lors de l’humiliante rencontre à la Maison Blanche, Trump ironisa sur la teinture des cheveux de Macron et le bronzage de Merz. Celui-ci ne passe pourtant pas un bel été. Sa coalition gouvernementale part à hue et à dia. L’opposition de l’AFD grimpe dans les sondages. Le chancelier énumère lui-même les soucis de l’Allemagne. Troisième année de récession, des centaines d’entreprises qui ferment ou partent aux Etats-Unis. Toujours plus de chômage, de pauvreté, de colère populaire. C’est clairement dit: «L’état actuel de l’économie ne peut plus financer notre système social». Dans le viseur, le «Bürgergeld», l’allocation aux sans revenus sur le sol allemand. Pour un couple avec deux enfants en bas âge, 2225 euros par mois, plus une aide spécifique au logement. Coût probable pour 2025: 46 milliards d’euros. Là aussi l’endettement public gonfle à vitesse grand V, contrairement aux promesses électorales du dit Merz. D’autant plus que les besoins d’investissements pour moderniser les infrastructures – ferroviaires par exemple – sont considérables.

Que fait le ministre des finances allemand? Il rentre de Kiev où il a promis neuf milliards de plus à Zelensky pour cette année. Ajoutés aux cinquante milliards déjà versés depuis 2022. L’Allemagne est en tête des «soutiens à l’Ukraine». Elle l’autorise et l’aide à envoyer des missiles au cœur de la Russie. Faut-il voir là, comme le chuchotent des historiens de pays voisins, quelque envie enfouie de revanche sur la défaite de 1945? En tout cas L’Allemagne ambitionne de faire de son armée la plus puissante d’Europe. Le ministre de la défense répète sur tous les tons que la population doit devenir «kriegstüchtig», préparée à la guerre. Tout un pan de l’opinion est cependant à l’opposé de ces discours, souhaitant plutôt renouer les fils avec la Russie, comme le firent plusieurs chanceliers dans le passé.

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Hicheme Lehmici