Comment l’Allemagne a saboté le nucléaire français


Un réacteur conçu à deux puis abandonné par Berlin, une ministre française venue évoquer la sortie de l’atome devant la presse d’outre-Rhin, Fessenheim fermée sur fond de pressions allemandes. L’École de guerre économique parle de « sabotage ». Après un premier volet consacré à la construction progressive du modèle énergétique européen et aux fragilités qu’il avait lui-même fait naître, ce deuxième épisode entre dans la dimension la plus conflictuelle de cette histoire : la bataille franco-allemande autour du nucléaire.
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Le suicide énergétique de l’Europe 2/4
Derrière l’opposition désormais bien connue entre le nucléaire français et la transition écologique (Energiewende) allemande, il y a beaucoup plus qu’un simple désaccord sur la meilleure manière de produire de l’électricité. Il y a une confrontation industrielle, économique et politique entre deux modèles énergétiques concurrents. Et surtout une question : comment la France, qui disposait avec son parc électronucléaire d’un avantage comparatif considérable, a-t-elle fini par accepter un cadre européen qui allait progressivement contribuer à le neutraliser ?
La question dérange, mais elle n’est plus marginale. Plusieurs rapports parlementaires et travaux consacrés à l’intelligence économique ont documenté le poids du lobbying allemand, des fondations politiques, des réseaux d’influence et des normes européennes dans cette confrontation. L’École de guerre économique est même allée jusqu’à parler explicitement de « sabotage de la filière nucléaire française ».



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