Réservé aux abonnés

Jamais les leaders européens n’ont été aussi impopulaires. Crise en vue?

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 12 juin 2026 · 15 min de lecture

Jamais les leaders européens n’ont été aussi impopulaires. Crise en vue?
© Depositphotos

Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer: les principaux dirigeants européens battent des records d'impopularité, tandis que les leaders dits «populistes» résistent mieux à l'épreuve de l'opinion. Au-delà des sondages, ce décrochage interroge la capacité des élites libérales à entendre les attentes de leurs peuples et à répondre à leurs préoccupations essentielles.

Sommaire

Que la cote des dirigeants politiques s’effondre après deux ou trois ans de mandat faisait partie de la norme. On sait tous que le pouvoir use, et qu’il use davantage en démocratie que dans les autres régimes. Mais le fait que la popularité des gouvernants s’écroule après quelques mois de pouvoir seulement, à des niveaux de désamour abyssaux, est une nouveauté inquiétante. Surtout quand ce phénomène touche les principaux leaders européens.

Mi-mai, le journal allemand Die Welt publiait les résultats du dernier sondage sur la cote de Friedrich Merz. Résultat: 84 % d’insatisfaits qui se disent «inquiets pour l’Allemagne» et «mécontents de la politique gouvernementale». Cela, un an seulement après l’accession du chancelier démocrate-chrétien au pouvoir.

Il existe une infinité de sondages mais tous donnent peu ou prou le même résultat. L’un des plus récents, réalisé en avril dernier par Statista (Approval Ratings of Selected World Leaders), plaçait Merz à l’avant-dernière place avec 19 % de taux d’approbation, tandis qu’Emmanuel Macron fermait la marche avec 18 %. Le président français obtient d’ailleurs la palme de la durabilité en termes d’impopularité. L’antépénultième position était attribuée au Britannique Keir Starmer avec 27 % d’opinions favorables seulement. Les trois premières puissances européennes qui figurent au bas de l’échelle de popularité des leaders mondiaux, c’est du jamais vu.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
3 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Comment l’Allemagne a saboté le nucléaire français

ÉconomieArticle

Comment l’Allemagne a saboté le nucléaire français

Un réacteur conçu à deux puis abandonné par Berlin, une ministre française venue évoquer la sortie de l’atome devant la presse d’outre-Rhin, Fessenheim fermée sur fond de pressions allemandes. L’École de guerre économique parle de « sabotage ». Après un premier volet consacré à la construction progressive du modèle énergétique européen et aux fragilités qu’il avait lui-même fait naître, ce deuxième épisode entre dans la dimension la plus conflictuelle de cette histoire : la bataille franco-allemande autour du nucléaire.

Hicheme Lehmici

La propriété à crédit ou le pari de la stabilité

GéopolitiqueCourrier des lecteursLibre

La propriété à crédit ou le pari de la stabilité

Privée d’énergie bon marché, l’Europe pourrait être contrainte de renoncer à l’abondance matérielle qui a façonné nos sociétés. Mais que perd-on réellement lorsque l’on possède moins? Et que gagnons-nous lorsque nous cessons de consacrer une part croissante de notre vie à acquérir et entretenir des biens? En prenant le logement comme exemple, cette contribution de notre lecteur Charles Peloye propose de mesurer autrement leur coût: non plus en argent, mais en temps de vie.

Charles Peloye