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Les Européens devant l’immense défi ukrainien

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 15 août 2025 · 5 min de lecture

Les Européens devant l’immense défi ukrainien
© Shutterstock

On peut rêver. Imaginons que Trump et Poutine tombent d’accord sur un cessez-le-feu, sur les grandes lignes d’un accord finalement approuvé par Zelensky. Que feraient alors les Européens, si fâchés de ne pas avoir été invités en Alaska? Que cette hypothèse se confirme ou pas, plusieurs défis controversés les attendent. La géographie est ce qu’elle est. L’Ukraine est en Europe.

Sommaire

Quoi qu’il advienne, tous les pays européens, membres ou pas de l’UE, devront assumer leurs responsabilités. Ils auraient pu le faire plus utilement en misant dès le début sur la voie diplomatique au lieu de souhaiter la guerre jusqu’au dernier Ukrainien. Au lieu de saboter l’accord prévu à Istanbul au lendemain même de l’agression. Il leur sera bien plus difficile aujourd’hui de trouver une place dans le processus de paix qui semble s’amorcer. Ils le peuvent encore. A condition de ne pas mettre de l’huile sur le feu à chaque occasion.

Ainsi, la commissaire européenne estonienne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité vient de décréter un 18e paquet de sanctions antirusses. Elles n’auront pas plus d’effets que les précédentes mais elles donnent un mauvais signal. Et la Suisse s’apprête à les reprendre, comme les précédentes. Quitte à irriter ainsi plusieurs pays, comme la Chine, la Turquie, cela au moment où elle tente de soigner ses relations avec eux. C’est d’autant plus choquant que le mot sanction reste banni du vocabulaire du DFAE face aux crimes contre l’humanité commis chaque jour par Israël.

Après la guerre le chaos?

Dans l’hypothèse d’un semblant de paix qui réjouirait tant de familles ukrainiennes, n’allons pas croire que le ciel s’éclaircira d’un coup. Il reste dans ce pays des milieux, des milices, intégrées ou pas à l’appareil d’Etat, qui n’accepteront pas les inévitables concessions faites à la Russie. Ces hypernationalistes, à partir de leur bastion de Lviv, pourraient fort bien poursuivre des violences. Avec leurs réserves d’armes, suffisantes pour les attentats et les crimes. Ces gens verseront dans l’hostilité au pouvoir en place, menacé par ailleurs par de multiples manœuvres politiques. De Vitali Klitschko, maire de Kiev, qui se verrait bien à la présidence, à Ioulia Tymochenko, ex-première ministre fort ambitieuse qui vient de déclarer – surprise! – que «la tutelle occidentale devient insupportable».

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