La mise en spectacle du monde et ses trompe-l’œil

Publié le 19 juin 2026

Une farce de l’IA… dont les puissants gourous américains étaient présents à Evian. © DR

De tout temps, les puissants ont usé de leur image et de leur verbe pour s’affirmer. Dans des mises en scène cadrées, contrôlées. Mais avec la technologie d’aujourd’hui, la fiction devient envahissante. Le G7 d’Evian, qui n’a rien produit de concret, ne fut qu’un show orchestré. Scruté aussi par une profusion de téléphones à l’œil furtif. Les vidéos déferlent sur les réseaux. Les voyeurs que nous sommes ont-ils ainsi beaucoup appris? Pas sûr.

Même l’entourage des chefs d’Etat filmait dans les coulisses. Les poignées de main, chaudes ou froides, les mines souriantes ou impassibles, les pas en avant et les retraits, tous les signes du ballet prétendaient nous dire les relations entre ces acteurs et l’état du monde. Illusion stérile. D’autant plus que les participants étaient triés sur le volet. Par Emmanuel Macron et Donald Trump. Sept têtes d’affiche, dans le camp occidental du «Bien». Un camp économique qui dominait autrefois la planète, qui, aujourd’hui, pèse encore lourd mais se trouve diminué. Alors certes, le club avait convié des «observateurs» (Corée du Sud, Brésil, Kenya, Egypte et Inde). Pourquoi ces hôtes de seconde zone ont-ils accepté cette invitation un brin condescendante? Pour se montrer. Figurer sur la photo. Même le président brésilien Lula, d’habitude plus digne et plus franc, frétillait dans tous les coins avec son chapeau noir sur la tête. Des images, encore des images, voilà ce qui comptait dans le cirque dominé par le bruit des hélicos, éloigné des clameurs de protestations à Genève et Lausanne. Signe parlant: la rencontre s’est terminée avec la participation d’une douzaine de pontes américains d’internet. Pour parler de l’intelligence artificielle qui manipule si bien les images. Pour rire ou mentir.

Le club des absents

Les absences étaient aussi révélatrices.Celle de la Russie, bien sûr, qui faisait partie du club entre 1997 et 2014, désignée maintenant comme l’emblème du «Mal», celle de la superpuissante Chine en premier lieu, et celle d’Israël, alors...

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