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L’Europe et la Suisse, au bord de la panne de gaz

Sid Ahmed Hammouche

Par Sid Ahmed Hammouche · Publié le 11 septembre 2026 · 17 min de lecture

L’Europe et la Suisse, au bord de la panne de gaz
© DR

L'hiver arrive, le continent affiche des cuves de gaz à moitié vides, des prix au plus haut depuis trois ans et demi, et un fournisseur historique, le Qatar, hors jeu. Intégrée au marché européen sans disposer du moindre stockage saisonnier, la Suisse n'est pas épargnée. L'Europe cherche en urgence un plan B énergétique.

Sommaire

Début septembre, les installations de stockage de gaz de l’Union européenne ne sont remplies qu’à environ 65-66 %, contre une moyenne historique proche de 88 % à la même période, le niveau le plus faible depuis 2009. Le stockage souterrain couvre pourtant traditionnellement jusqu’à un tiers de la consommation hivernale du continent, un matelas que les fournisseurs n’ont eu ni le temps ni les moyens de reconstituer normalement cette année.

La cause tient à deux fronts qui se sont refermés presque simultanément. À l’est, l’enlisement du conflit russo-ukrainien prive durablement les marchés européens du gaz russe. Au sud, la guerre déclenchée fin février entre Israël, les États-Unis et l’Iran a provoqué la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, voie de passage obligée des méthaniers qataris. Le résultat est brutal: en six mois, les exportations de GNL du Qatar se sont effondrées de 96 %, selon Reuters. Dix-huit cargaisons expédiées depuis Doha, contre plus de cinq cents sur la même période l’an dernier. S’y ajoutent les frappes de mars sur le complexe de Ras Laffan, qui ont détruit près de 17 % des capacités d’exportation qataries, avec des réparations estimées entre trois et cinq ans, puis une explosion accidentelle supplémentaire en juin. Le manque à gagner pour Doha est chiffré à 24 milliards de dollars de ventes perdues; le déficit budgétaire du premier semestre a déjà pulvérisé les prévisions annuelles.

Pour l’Europe, qui comptait sur le Qatar comme variable d’ajustement du marché spot, la perte est structurelle. L’espoir d’un retour rapide du gaz qatari, et donc d’une détente des prix à temps pour remplir les cuves, s’est dissipé: le continent risque désormais de traverser l’hiver avec des factures de gaz brûlantes.

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