Nord Stream 2: Poutine propose à nouveau son gaz à l’Allemagne

La rédaction · 13 octobre 2026 à 09:38 · hier · 2 min de lecture

Vladimir Poutine assure que la Russie pourrait reprendre presque immédiatement ses livraisons de gaz à l'Allemagne via Nord Stream 2. Selon lui, une simple décision politique de Berlin suffirait à rouvrir le robinet. Une proposition qui intervient alors que l'Europe a profondément réorganisé son approvisionnement énergétique depuis le début de la guerre en Ukraine.

Lors du sommet de Valdaï, fin septembre 2026, Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie était prête à fournir à l’Europe un gaz « bon marché et fiable ». Le président russe assure que l’un des deux conduits de Nord Stream 2, resté intact après les explosions de septembre 2022 en mer Baltique, pourrait acheminer 27,5 milliards de mètres cubes de gaz par an. Selon lui, il suffirait d’une décision du gouvernement allemand pour que les livraisons reprennent dès le lendemain.

D’une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an, Nord Stream 2 n’a jamais été mis en service. Berlin avait suspendu sa certification le 22 février 2022, deux jours avant l’invasion russe de l’Ukraine. Sept mois plus tard, des explosions endommageaient les gazoducs Nord Stream 1 et 2. Les responsabilités dans ce sabotage restent un sujet de controverse, mais il est aujourd’hui probable qu’elles proviennent des Etats-Unis et de leurs alliés.

La réouverture de Nord Stream 2 supposerait un revirement politique majeur de Berlin. © DepositPhotos.com

Vladimir Poutine accuse aujourd’hui Berlin de céder aux pressions américaines et de manquer d’indépendance dans sa politique énergétique. Les États-Unis s’étaient opposés de longue date à Nord Stream 2, dénonçant le risque d’une dépendance accrue de l’Europe envers Moscou.

Depuis 2022, l’Allemagne et ses partenaires européens ont considérablement réduit leurs importations de gaz russe par gazoduc, en se tournant notamment vers le gaz naturel liquéfié, beaucoup plus cher. La proposition russe est intervenue peu de temps avant l’annonce de Donald Trump, le 9 octobre, d’un accord avec Moscou concernant la commercialisation de diesel russe, dans le but de faire baisser les prix des carburants.

Un contraste avec la politique européenne, qui continue de se détourner des hydrocarbures russes malgré la hausse des coûts énergétiques. La réouverture de Nord Stream 2 supposerait toutefois un revirement politique majeur de Berlin.

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