Les BRICS futures victimes du syndrome de Babel?

Publié le 21 novembre 2025

«La Tour de Babel» (ou «La Grande Tour de Babel»), de Pieter Bruegel l’Ancien (1563). © DR

Portés par le recul de l’hégémonie occidentale, les BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud — s’imposent comme un pôle incontournable du nouvel ordre mondial. Leur montée en puissance attire un nombre croissant de candidats, portés par la dédollarisation. Mais derrière l’élan géopolitique, l’hétérogénéité du groupe révèle des fractures historiques, économiques et stratégiques qui interrogent la viabilité d’un projet commun.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, la remise en cause de l’ordre international est devenue on ne peut plus visible. L’hégémonie occidentale sur le monde, que certains pensaient immuable depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, ne semble plus aller de soi. L’un des symboles de ce rééquilibrage mondial tendant vers plus de multipolarité est la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Mais au-delà d’un potentiel économico-politique certain et d’effets d’annonce, quel avenir commun est envisageable au sein d’une alliance aussi hétérogène?

Si les BRICS (anciennement BRIC) existent officiellement depuis 2009, une véritable accélération, notamment de leur élargissement, s’est opérée récemment. Elle s’inscrit de plain-pied dans un contexte de tension géopolitique inédit depuis la fin de la guerre froide. La guerre en Ukraine n’est que l’élément le plus visible d’une dynamique bien plus large. 

Cette dernière comprend notamment la dédollarisation progressive du monde, la montée en puissance des économies émergentes — Chine et Inde en tête —, ou encore le recul de l’influence occidentale dans ses pré-carrés historiques, en Afrique notamment. A cela s’ajoute une forme de défiance de la part d’un nombre croissant de pays émergents à l’égard des instances internationales (ONU, OMS, Banque mondiale, FMI, CPI, etc.), perçues comme des organes de domination conçus par l’Occident pour l’Occident.

Dans un tel contexte, rien d’étonnant à ce qu’un modèle alternatif tel que celui proposé par les BRICS séduise de plus en plus de pays. Si...

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