histoire

Grandson–Morat: le trésor, le mythe et les ombres de l’Histoire
A l’occasion du 550e anniversaire des batailles de Grandson et de Morat, le Musée historique de Berne revisite un épisode fondateur de l’histoire suisse. Entre trésors bourguignons mythifiés, mise en scène édulcorée et relecture contemporaine parfois biaisée, l’exposition interroge notre rapport à l’Histoire. Et révèle, en creux, les tensions entre mémoire, mythe et vérité.

Quand le passé historique nous rattrape
Plusieurs pans de l’histoire s’imposent au souvenir ces temps-ci. Un film français nous renvoie à la collaboration avec Pétain. Les USA publient une liste énorme des membres du parti nazi. En Suisse, des historiens se battent jusqu’au Tribunal fédéral pour l’ouverture de documents interdits sur le passage chez nous de l’abominable Josef Mengele.

Capodistrias, l’architecte du fédéralisme
Figure trop peu connue en Suisse, où il a pourtant joué un rôle déterminant, ce médecin né à Corfou et formé à Padoue eut en réalité une carrière politique d’exception. Après la chute de Napoléon, qui avait dessiné les frontières de la Suisse, le pays se trouva divisé entre des cantons aux visées différentes, sous l’influence des puissances européennes victorieuses. Ainsi, Berne voulait récupérer Vaud et Argovie. C’est Jean Capodistrias qui l’en empêcha, avant de rentrer en Grèce, où il fut moins chanceux. Un livre lui est consacré.

L’histoire tordue et effacée: une arme de guerre
Trump révise le passé des Etats-Unis et du monde pour le glorifier. Le pouvoir ukrainien efface l’héritage culturel russe. Poutine met entre parenthèses l’horreur de l’ère stalinienne. Xi Jinping fait de même avec la Révolution culturelle meurtrière de Mao. Israël écrase les traces et le souvenir de 5000 ans de civilisations à Gaza. La relecture de l’histoire est un outil puissant dans les conflits d’aujourd’hui comme d’hier.

Quand remontent les fantômes du passé
Ce livre n’est ni un roman ni un travail d’historien. «Les zones grises du passé», d’Alexandra Saemmer, est une «enquête familiale à la lisière du Troisième Reich», comme indiqué en surtitre. Une plongée dans le destin d’un communauté peu connue, les Sudètes. Ouvrage troublant à maints égards.

Arctique et Grand Nord: la bataille mondiale a bel et bien commencé
La fonte accélérée des glaces transforme la région en nouveau centre névralgique de la puissance mondiale: routes maritimes émergentes, ressources stratégiques et militarisation croissante y attisent les rivalités entre pays. Le Grand Nord — dominé pour l’heure par Moscou — est devenu le théâtre où se redessinent les rapports de force du 21ᵉ siècle.

Les BRICS futures victimes du syndrome de Babel?
Portés par le recul de l’hégémonie occidentale, les BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud — s’imposent comme un pôle incontournable du nouvel ordre mondial. Leur montée en puissance attire un nombre croissant de candidats, portés par la dédollarisation. Mais derrière l’élan géopolitique, l’hétérogénéité du groupe révèle des fractures historiques, économiques et stratégiques qui interrogent la viabilité d’un projet commun.

Pologne-Russie: une rivalité séculaire toujours intacte
La Pologne s’impose désormais comme l’un des nouveaux poids lourds européens, portée par son dynamisme économique et militaire. Mais cette ascension reste entravée par un paradoxe fondateur: une méfiance atavique envers Moscou, qui continue de guider ses choix stratégiques. Entre ambition et vulnérabilité, la Pologne avance vers la puissance… sous l’ombre persistante de son imposant voisin.

Une société de privilèges n’est pas une société démocratique
Si nous bénéficions toutes et tous de privilèges, ceux-ci sont souvent masqués, voir niés. Dans son livre «Privilèges – Ce qu’il nous reste à abolir», la philosophe française Alice de Rochechouart démontre les mécanismes qui font que nos institutions ne sont pas neutres et que nos sociétés sont inégalitaires. Elle propose de réinventer le politique.

Comment les industriels ont fabriqué le mythe du marché libre
Des fables radiophoniques – dont l’une inspirée d’un conte suisse pour enfants! – aux chaires universitaires, des films hollywoodiens aux manuels scolaires, le patronat américain a dépensé des millions pour transformer une doctrine contestée en dogme. Deux historiens dévoilent cette stratégie de communication sans précédent, dont le contenu, trompeur, continue d’influencer notre imaginaire collectif.

Le cadeau de Trump aux Suisses pour le 1er Août
Avec 39 % de taxes douanières supplémentaires sur les importations suisses, notre pays rejoint la queue de peloton. La fête nationale nous offre toutefois l’occasion de nous interroger sur notre place dans le monde. Et de rendre hommage à deux personnalités du début du 20e siècle: Albert Gobat et Karl Spitteler. L’un s’est engagé pour un monde gouverné par la raison et le droit. L’autre a mis en garde contre la désunion des Suisses devant les aléas du monde.
Voyage en vélo à travers la Bulgarie (3 et fin)
Six cents kilomètres séparent Sofia, la capitale, de Velik Tarnovo, au centre-nord de la Bulgarie. En dix-sept jours de vélo, du 17 mai au 3 juin, j'ai découvert un pays attachant et d’une richesse culturelle insoupçonnée. Dans ce troisième et dernier chapitre, je vous propose, entre autres, de rencontrer des Roms, de visiter des monastères et de découvrir la culture des roses.

Voyage en vélo à travers la Bulgarie
Six cents kilomètres séparent Sofia, la capitale, de Velik Tarnovo, au centre-nord de la Bulgarie. En dix-sept jours de vélo, du 17 mai au 3 juin, j'ai découvert une richesse culturelle insoupçonnée: les fresques des tombeaux thraces, vieux de 24 siècles, un stade et un théâtre romain parfaitement conservés et d'innombrables monastères. Mais aussi une campagne vidée de sa jeunesse.
Faut-il vraiment se méfier de Yuval Noah Harari?
La trajectoire du petit prof d’histoire israélien devenu mondialement connu avec quatre ouvrages de vulgarisation à large spectre, dont Sapiens aux millions de lecteurs, a suscité quelques accusations portant sur le manque de sérieux scientifique de l’auteur, lequel n’a pourtant jamais posé au savant. D’aucun(e)s vont jusqu’à le taxer de «prophète populiste». Et vous là-dedans?

La responsabilité de Staline dans les millions de morts soviétiques de la Seconde guerre mondiale
La victoire, en 1945, de l'Armée rouge, avec une guerre qui a fait plus de 27 millions de morts soviétiques, a permis à Staline, s'étant nommé «généralissime», de parader en uniforme blanc et de passer pour un grand chef de guerre aux yeux du monde entier. Miracle de la propagande. La réalité est assez différente.

Deux écrivains algériens qui ne nous parlent que de l’humain
Kamel Daoud, avec «Houris» (Prix Goncourt 2024) et Xavier Le Clerc (alias Hamid Aït-Taleb), dans «Le Pain des Français», participent à la même œuvre de salubre mémoire en sondant le douloureux passé, proche ou plus lointain, de leur pays d’origine. A l’écart des idéologies exacerbées, tous deux se réfèrent, en écrivains-poètes inspirés, à des figures féminines d’innocence, victimes parentes de la violence atroce et du déni, avec le même refus du ressentiment vengeur…



