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L’Europe dans le piège américain

Georges Martin

Par Georges Martin · Publié le 20 février 2026 · 22 min de lecture

L’Europe dans le piège américain
© Depositphotos IA

«Etre un ennemi des Etats-Unis peut être dangereux, mais être leur ami est fatal», affirmait Henry Kissinger. Les Européens, qui voient leur position stratégique remise en cause, en font aujourd’hui l’amère expérience. Pourtant, aussi brutale et déconcertante soit-elle, la nouvelle stratégie géopolitique américaine a cela de bon qu’elle secoue l’Europe. Sera-t-elle capable de transformer le piège en opportunité? On peut en douter.

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Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, la «planète occidentale» ne tourne visiblement plus rond. Les Européens, responsables et commentateurs politiques réunis, observent, ébahis, le spectacle. C’est comme s’ils avaient perdu les codes pour décrypter les messages de Washington. Les vétérans du premier mandat, tel Emmanuel Macron, ont d’abord cru à un mauvais remake d’un vieux film, la couleur en plus! Après tout, les fanfaronnades, les tête-à-queue, les tweets sibyllins de la nuit, découverts au petit matin, du premier mandat, ces vétérans s’en souvenaient trop bien et s’en étaient moqués. Ils se feraient fort de mettre les nouveaux venus au parfum.

«Tout changer pour que rien ne change!» La formule du Guépard de Visconti rassurait au fond les leaders du vieux continent. Le nouveau locataire de la Maison-Blanche, sous la pression de la nécessaire continuité de l’Etat et, accessoirement, du complexe militaro-industriel, filerait droit et n’aurait d’autre choix que de continuer la politique de Biden, surtout en Ukraine, malgré les effets d’annonce de la campagne électorale. Ils étaient bien placés pour savoir qu’aucun homme politique, une fois élu, ne tient ses promesses! Ils se sont d’ailleurs bien gaussés de son «premier échec». Lui qui avait annoncé la paix en Ukraine en 24 heures!

Ce que les Macron, Merz, Starmer et les autres de la «coalition des volontaires» n’avaient pas compris — et n’ont toujours pas compris apparemment —, c’était le changement fondamental, radical de la donne. Dans cette révolution, la paix en Ukraine n’occupait qu’une place anecdotique. Washington entendait changer radicalement sa vision de l’Europe et ses relations avec le vieux continent. Mais les leaders européens allaient rapidement réaliser que les choses sérieuses avaient commencé. Ils assistaient, sidérés, aux opérations de largage de l’esquif européen par le paquebot nord-américain. Un virage décisif et sans précédent à l’aune des 250 ans d’histoire des relations entre les deux rives de l’Atlantique.

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