Un groupe d’Iraniens, tous titulaires d’un doctorat de l’EPFL, a contacté notre rédaction pour partager une vision de la guerre et de la réalité iranienne qui tranche avec celle véhiculée par les grands médias occidentaux. Sans ménager le gouvernement de Téhéran, qu’ils critiquent ouvertement, ils dénoncent une représentation partielle, parfois biaisée, des opinions au sein de la diaspora iranienne. Ceci afin de servir, selon eux, certains récits politiques favorables à la guerre. Témoignages à contre-courant.
Sommaire
Ils forment un petit groupe discret que j’ai rencontré début juin à Satellite, le célèbre bar de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Tous ont soutenu leur thèse ici, il y a plusieurs années, avant de poursuivre leur carrière dans la recherche ou l’industrie. A première vue, ce sont des Romands d’adoption parfaitement intégrés. Mais l’Iran ne les a jamais quittés. Là-bas, il y a les parents, les frères et sœurs, les amis d’enfance, la maison familiale. Dès le début de la guerre, ils ont suivi au quotidien l’évolution des hostilités. Certains, de passage au pays, étaient même sur place lors des premiers jours des bombardements.
Ce groupe d’une dizaine de personnes m’a écrit par la voix de son porte-parole, Naser Nasrollahzadeh. Leur intention n’est pas de défendre le régime – leurs avis sur le gouvernement de Téhéran divergent, ils ne s’en cachent pas – mais de partager leur point de vue, jamais évoqué dans la presse occidentale: celui de gens instruits, libres de leur parole, qui ont observé la guerre depuis la Suisse et à travers les yeux de celles et ceux qui la subissent sur le terrain.

Naser Nasrollahzadeh. © DR






Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.