La tentation de la guerre à outrance sur tous les fronts

Publié le 20 septembre 2024

Une image gravée dans l’imaginaire et qui a façonné l’opinion après-guerre: l’explosion « Baker », suite à l’opération Crossroads, un essai nucléaire de l’armée américaine sur l’atoll de Bikini, le 25 juillet 1946. © National Museum of the U.S. Navy – 34218AC

Jusqu’où ira l’escalade de la guerre? En Palestine, c’est clair, Netanyahou continuera sa guerre aussi longtemps qu’il le voudra puisque personne, et surtout pas les Occidentaux, ne s’oppose à ce qu’il poursuive le massacre des Palestiniens, où qu’ils se trouvent. En Ukraine, c’est un peu plus flou puisque l’adversaire n’est pas une armée de déguenillés en keffieh et sandales mais une puissance nucléaire. Dans tous les cas, l’escalade des tensions est la même sur les deux fronts, même si le second, vu le désastre global qui pourrait s’ensuivre, exige davantage de précautions.

Au Proche-Orient, les buts de guerre du régime au pouvoir à Tel-Aviv sont désormais limpides: profiter au maximum de l’émotion créée par la sanglante attaque surprise du 7 octobre dernier pour annihiler la population palestinienne de Gaza, écraser au passage celle de la Cisjordanie et étendre si possible le conflit au Liban et à l’Iran. La poursuite de ce programme d’épuration globale, qui a le mérite d’éloigner pour longtemps la perspective d’une solution de paix, hantise absolue des nationalistes israéliens, assure le maintien de Netanyahou au pouvoir pendant de longs mois encore, surtout si Trump est élu à la présidence des Etats-Unis. Grâce à sa supériorité militaire et à son impunité quasi garantie malgré l’ampleur des crimes commis et des violations répétées du droit international, Israël n’a aucune raison de ne pas mener sa guerre comme il l’entend. Au Proche-Orient, on fait semblant de parler de paix et de trêve humanitaire pour mieux continuer le massacre. 

Affligeant mais banal.

En Ukraine, les difficultés croissantes de l’armée ukrainienne et les risques évidents d’escalade nucléaire obligent le camp des bellicistes à davantage de prudence. Pendant les deux premières années de la guerre, alors qu’une victoire ukrainienne paraissait atteignable, Européens et Américains ont balayé le mot paix de leur vocabulaire. Celles et ceux qui osaient le prononcer ont immédiatement été traînés dans la boue et diabolisés comme des traîtres et des suppôts de la «dictature poutinienne». Puis, quand la réalité du terrain s’est inversée en faveur des Russes et que la fatigue de...

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