L’attention du monde s’en était détournée. En ce printemps 2026, sur ce théâtre, il se produit pourtant des rebonds qui changent les perspectives d’avenir. Pas d’issue à la guerre pour le moment, mais les rapports de force se modifient.
Où en est l’Ukraine? Ses troupes se battent encore contre celles de la Russie dans le Donbass, surtout dans la province de Donetsk et près de la centrale nucléaire de Zaporija. Sans avancées ni reculs marquants, mais avec des pertes humaines importantes dans les deux camps, et des bombardements plus ou moins ciblés dans le centre et l’ouest du pays. Les Russes s’en prennent surtout aux sites militaires, ou présumés tels, et aux installations électriques. Celles-ci sont le plus souvent réparées avec une célérité remarquable. Les victimes civiles, aussi déplorables soient-elles, restent peu nombreuses. Sans proportion avec celles de quarante jours de guerre au Moyen-Orient. Quoi qu’il en soit, sur tous les champs de guerre, l’histoire nous l’a appris, il est avéré que les bombardements ne conduisent pas à des changements de régime.
Indices de résilience en Ukraine
A l’exception du Donbass, l’Ukraine, en dépit de l’extrême lassitude et de l’exil d’une part de sa population, continue de vivre assez normalement. La ligne ferroviaire qui la relie à l’ouest n’est pas touchée et permet d’intenses échanges. L’économie tourne au ralenti, mais elle tourne. Même endettée et opaque. Signe de cette relative normalité: des dizaines de milliers de réfugiés en Pologne, en Allemagne et en Suisse se sont rués chez eux pour les vacances de Pâques: embouteillages énormes à la frontière; les FlixBus qui font la navette entre Zurich et Kiev étaient archipleins. Ce qui, d’ailleurs, irrite certains milieux politiques qui déplorent cette notion d’«asile pendulaire».
Autre indice de la résilience en Ukraine: la plupart des missiles et des drones utilisés sur le champ de bataille et au-delà sont produits sur place. Un combattant professionnel franco-ukrainien expliquait récemment sur France Inter qu’ainsi, la raréfaction des armes en provenance d’Europe et des Etats-Unis n’est pas trop lourde de conséquences. Cependant, les effectifs restent insuffisants: trop de victimes, trop de désertions, trop de craquages. D’où les recrutements forcés, brutaux, jusque dans les rues, des hommes qui avaient jusque-là échappé à l’enrôlement, à l’exception de privilégiés, fortunés et protégés en haut lieu, qui s’en vont faire du tourisme sur place ou à l’étranger.






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