La guerre d’Ukraine vue du front. Témoignages vécus

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 21 août 2026 · 31 min de lecture

La guerre d’Ukraine vue du front. Témoignages vécus
Des photos d'Alexandre et Natalia, le couple de paysans qui a vécu l’occupation ukrainienne de la région de Koursk en 2024/2025. Des photos faites à l’occasion du Nouvel-An, avec le chien qui les a sauvés. © DR

Un lieutenant ukrainien fait prisonnier et devenu blogueur, un soldat d’Azov blessé et déçu, deux paysans russes ayant survécu sept mois sous occupation ukrainienne: ces témoignages recueillis dans la région de Koursk racontent une guerre vécue au plus près du front. Des récits de combat, de captivité, de survie et de désillusion, qui donnent à voir une réalité bien différente des discours officiels des deux camps.

Sommaire

A l’occasion d’un colloque universitaire sur la grande bataille de chars de juillet 1943, j’ai eu l’occasion de visiter la ville de Koursk et quelques-unes des régions envahies par l’armée ukrainienne en août 2024 (voir article précédent). Durant ce séjour, on m’a aussi proposé de rencontrer des survivants de cette opération et deux prisonniers ukrainiens détenus dans la province. Leurs témoignages ne laissent pas indifférent. Ils donnent une image à la fois très humaine et parfois très inhumaine de ce conflit implacable. Et surtout, ils bousculent les idées reçues sur ce qui est vécu de part et d’autre du front et sur la façon dont on considère les combattants des deux camps.

Salli R. a vécu 23 ans en Suisse. Née en Finlande d’un père russe et d’une mère finlandaise, sa famille est arrivée en Suisse en 2000 avec son père ingénieur qui avait trouvé du travail à Saint-Gall. Elle a ensuite habité à Arth-Goldau après un crochet au Lichtenstein. Son frère et sa mère, qui ont reçu la nationalité suisse, y vivent toujours. Après le collège, elle-même a suivi une formation dans les assurances après trois semestres à l’Université de Zurich.

En 2023, elle est retournée en Finlande après avoir été choquée par les explosions de haine et l’ostracisme rencontrés en Suisse lorsqu’elle avouait ses origines ou lorsqu’elle tentait d’expliquer le pourquoi et le comment du conflit russo-ukrainien. En septembre 2025, déçue par la phobie antirusse et la propagande belliciste qui s’était aussi abattue sur la Finlande après des décennies de neutralité, de bonne entente et d’échanges économiques intensifs, elle a sauté le pas et est rentrée en Russie via l’Estonie, où elle est devenue blogueuse et podcasteuse à succès.

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