La guerre en Iran vue d’Afrique


Même si les responsables politiques font preuve d’une certaine retenue, par crainte de mesures de rétorsion, aux yeux d’une bonne partie de l’opinion publique africaine, la guerre menée par les Etats-Unis et Israël en Iran est illégale et relève de l’hégémonie occidentale sur le reste du monde.
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A l’instar d’autres régions du monde, les réactions officielles des pays africains sont plus ou moins virulentes en fonction des rapports de force et des intérêts des uns et des autres. L’Union africaine et la Cédéao, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, appellent ainsi sobrement à un cessez-le-feu immédiat de l’ensemble des belligérants, tout en s’inquiétant des possibles répercussions sur les prix du pétrole et du gaz, qui auraient «un impact immédiat sur les économies ouest-africaines déjà fragilisées». Le Sénégal, le Maroc, le Tchad, entre autres, ont réagi dès les premières bombes lâchées sur l’Iran, appelant à la désescalade. Membre des BRICS — dont l’Iran fait également partie depuis 2024 — l’Afrique du Sud se distingue à nouveau par son courage politique. Son président, Cyril Ramaphosa, a ainsi vivement critiqué l’argument israélien d’une «frappe préventive» à l’égard de l’Iran, la légitime défense ne pouvant, selon lui, s’exercer de façon anticipée.
Le média en ligne Ledjely, basé à Conakry, en Guinée, décrit cependant «le sentiment de colère contenue des Africains face aux bombardements de l’Iran», lequel ne peut s’exprimer publiquement, pour éviter le risque de fâcher le camp occidental et de provoquer des mesures de rétorsion. «Car le pays des mollahs, malgré tous les reproches que l’on peut lui adresser, demeure une forme de géant de substitution que certains, en Afrique, se plaisent à voir contester l’hégémonie occidentale», y lit-on encore.
L’Iran, un modèle de résistance
La perception d’un Iran présenté comme un modèle de résistance face à l’hégémonie occidentale est en tout cas largement relayée par les internautes ouest-africains qui donnent de la voix sur les réseaux sociaux. Tout particulièrement ceux de pays tels que le Mali, le Burkina Faso et le Niger — réunis en une Alliance des Etats du Sahel (AES) —, lesquels, en rupture avec la France et, plus largement, les pays occidentaux, se sont sensiblement rapprochés de Téhéran. C’est ça la souveraineté, le choix assumé dans la diversification des partenaires, lit-on ainsi sur la page Facebook de «Soutien AES», qui estime que les Occidentaux «veulent que les autres détestent l’Iran comme eux le font parce qu’ils n’arrivent pas à les combattre». Quelques jours avant les premières attaques américano-israéliennes contre l’Iran, le ministre burkinabè de la Guerre et de la Défense patriotiques, Célestin Simporé, avait d’ailleurs été reçu à Téhéran par son homologue iranien et le président de la République islamique Massoud Pezshkian, symbolisant ainsi la volonté de l’Iran d’être davantage présent sur le continent africain, en s’appuyant sur les pays de l’Alliance des Etats du Sahel auxquels ils fournissent des drones pour lutter contre les mouvements djihadistes qui les assaillent.




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