Etats-Unis vs Iran: la guerre inévitable qui pouvait être évitée

Pierre Lorrain

Par Pierre Lorrain · Publié le 13 mars 2026 · 20 min de lecture

Etats-Unis vs Iran: la guerre inévitable qui pouvait être évitée
Un groupe de pasteurs évangéliques et de chefs religieux se sont réunis jeudi 5 mars dans le Bureau ovale pour prier pour Donald Trump. © DR – Capture d’écran

Donald J. Trump a lancé les Etats-Unis dans une guerre suicidaire en comptant sur la divine providence pour la gagner. L’attaque américaine contre l’Iran du 28 février 2026 marque une rupture majeure dans l’ordre international. Décidée sans déclaration de guerre et au mépris des avertissements du renseignement, elle semble relever autant d’un pari stratégique que d’une conviction idéologique et religieuse.

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«Un jour d’infamie!» C’est ainsi que, dans un discours demeuré célèbre, le président Franklin Roosevelt qualifia la journée du 7 décembre 1941 et l’attaque surprise du Japon contre Pearl Harbor. Peut-on donc désigner autrement les événements du 28 février 2026 et l’agression des Etats-Unis contre l’Iran, sans déclaration de guerre et au milieu de négociations qui, selon le principal médiateur, le ministre des Affaires étrangères du sultanat d’Oman, étaient sur le point d’aboutir à un accord.

Est-il possible que nous soyons revenus au XIXe siècle, à la conquête de l’Ouest et au fameux conseil «shoot first and ask questions later» popularisé par tant de westerns? Et, effectivement, les Etats-Unis ont tiré d’abord et de manière indiscriminée (y compris sur des bâtiments purement civils, comme une école de filles), sans se poser à eux-mêmes des questions pourtant essentielles: «pourquoi?», «comment?», «dans quels buts?», «avec quelles conséquences?» et bien d’autres auxquelles ils peinent toujours à répondre après plus de dix jours de bombardements.

Au départ, ils n’étaient même pas sûrs qu’il s’agissait vraiment d’une guerre. A longueur de post sur Truth Social, le président Donald Trump le revendiquait clairement, exigeant même une capitulation inconditionnelle de l’Iran. Pete Hegseth, son secrétaire ad hoc, lui faisait écho, alors que Mike Johnson, le président (républicain) de la Chambre des représentants, rejetait catégoriquement l’idée que les Etats-Unis fussent en guerre 1.

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