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Le droit est bafoué mais son affirmation plus nécessaire que jamais

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 13 mars 2026 · 15 min de lecture

Le droit est bafoué mais son affirmation plus nécessaire que jamais
© Depositphotos

Nombre de commentateurs estiment que nous sommes dans une époque nouvelle. Où le droit international est mort, où seul compte désormais le rapport de force. Vite dit. L’ONU et sa Charte posent des repères indispensables pour aborder le chaos des guerres.

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Dans son commentaire à un article précédent, un de nos lecteurs formule ainsi l’opinion pessimiste: «Le droit international était une utopie post WW2. Désormais, le rapport de force réapparaît à une place qu’il n’a jamais quittée mais que les idéalistes pensaient avoir conquise.» Qu’il nous permette de lui répondre ici. L’idée d’un code de conduite est née bien avant 1945. La réglementation des relations internationales par des accords contraignants peut être tracée jusqu’au premier traité international retrouvé, rédigé en termes identiques en Egypte et dans les ruines de la capitale des Hittites, en Anatolie. Il date de 1259 avant J.-C. Des textes créant des obligations pour les puissances ont jalonné l’histoire humaine. Plus récemment, trois Suisses ont été récompensés par le Prix Nobel de la Paix pour avoir exprimé un tel vœux: Henri Dunant, cofondateur de la Croix-Rouge, en 1901, et, un an plus tard, le Jurassien Charles Albert Gobat et le Genevois Elie Ducommun. Ces derniers ont œuvré, dès la fin du 19e siècle, à la Ligue de la paix et de la liberté. Gobat insistait sur la nécessité du droit international et de la médiation obligatoire en cas de conflit.

Après la Première Guerre mondiale naquit la Société des Nations. Les passions idéologiques, la montée du fascisme et du nazisme puis les guerres d’Hitler aboutirent à l’effacement de cette dernière. Mais après le Second conflit mondial, les vainqueurs, aussi divisés fussent-ils, s’entendirent pour la création de l’ONU.

Certes, les principes de droit international et humanitaires ainsi portés étaient formulés, en l’occurrence, par l’Occident, mais il s’en trouvait des prémices dans bien d’autres civilisations. Le projet trouva progressivement l’adhésion de quasiment tous les Etats du monde. Leurs civilisations, souvent fort différentes de la nôtre, ont souscrit à l’idéal initial. Aujourd’hui, 196 pays siègent à New York et à Genève. 

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