L’agent suisse qui dénonce les «fake news»… des gouvernements

Publié le 1 octobre 2020

Le constat que dresse Jacques Baud est accablant: «Les décisions stratégiques occidentales sont basées sur des suppositions, des préjugés et, dans les meilleurs des cas, des indices, mais très rarement sur des faits avérés.» – © DR

Une carrière hors normes. Jacques Baud, colonel d’Etat-Major, a travaillé au sein des services de renseignements suisses, au DFAE, à l’ONU qui l’a envoyé en mission sur nombre de terrains chauds, puis à l’OTAN, à Bruxelles, dans les services d’intelligence. Retraité, il publie aujourd’hui un livre, une bombe. La somme de ses réflexions critiques sur les manipulations, volontaires ou pas, de l’opinion par les gouvernements occidentaux eux-mêmes. Sur la Syrie, l’Iran, la Russie notamment. Et sur le terrorisme dont il est l’un des spécialistes mondiaux. A ce jour, les médias entourent l’ouvrage d’un silence embarrassé. Certains l’accusent déjà de complotisme.

Baud n’a rien d’une tête brûlée. Cet officier, auteur de plusieurs livres et de nombreux articles (notamment dans la Revue militaire suisse), a voué sa vie aux questions de sécurité. Avec un esprit ouvert et indépendant. Condition selon lui d’un bon travail des services de renseignements. Ceux-ci n’ont pas à s’engouffrer dans telle ou telle thèse gouvernementale. Ils doivent aborder la réalité dans toute sa complexité, comprendre la logique de l’adversaire, surtout ne pas suivre aveuglément les opinions simplistes et toutes faites.

Le constat qu’il dresse, sur la base de milliers de documents répertoriés en notes, est accablant. «Les décisions stratégiques occidentales, écrit-il en préambule, sont basées sur des suppositions, des préjugés et, dans les meilleurs des cas, des indices, mais très rarement sur des faits avérés.» Et le voilà qu’il tire le fil de la pelote des prétendues vérités sans cesse martelées par les Etats-Unis et les suiveurs européens. Répercutées sans guère de contradictions par les grands médias. Il démonte aussi le piège des mots. On ne parle pas de «l’armée syrienne» mais des «forces du régime de Bachar al-Assad», le dictateur accusé de «massacrer son peuple». La Russie est désignée en ennemie comme l’URSS d’autrefois. Etc… Le discours dominant désigne d’emblée le Méchant et le Bon. Or en y regardant de plus près, tout est diablement plus compliqué.

Le prétexte pour attaquer l’Irak en 2003

La «fake news» la plus célèbre de l’histoire récente, reconnue comme telle par tous aujourd’hui, c’est évidemment le prétexte des armes...

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