Trump annonce qu’il aura «l’honneur d’établir le contrôle sur Cuba». Cette fois, il ne s’agit pas d’une rodomontade. Un plan concret se dessine. A travers de discrètes négociations tenues au Mexique, reconnues par l’actuel chef d’Etat cubain Miguel Díaz-Canel. Cela au moment où des manifestations de colère se multiplient dans l’île dont la population est accablée, excédée par les privations d’énergie et de vivres.
Un premier pas du pouvoir: les Cubains de l’extérieur — environ trois millions, surtout aux USA — sont invités à revenir au pays et y investir. Avec de vrais titres de propriété sur leurs éventuelles acquisitions immobilières. Le début de la fin du communisme. Déjà ébréché depuis de nombreuses années. Dans le domaine du tourisme surtout. Une chambre d’hôtel sur deux, dans le segment du luxe, est gérée par des groupes espagnols qui y ont beaucoup investi. Mais la majorité de l’organisation étatique faîtière reste en mains de l’Etat, plus précisément du ministère de la défense. La négociation avec les USA? Ce n’est pas une première. En 2016, lorsque Obama se rendit à La Havane et serra joyeusement la main de Raúl Castro, il fut discuté de plusieurs accords. Vite tombés en désuétude. Mais, aujourd’hui, la donne est différente. Le régime est à bout de souffle. L’interdiction de toute livraison de pétrole, depuis la chute de Nicolás Maduro, a plongé la population dans la détresse, bien plus que toutes les sanctions décrétées depuis le début de la Révolution de 1959.
La tête du régime n’a plus le choix. Il devra passer par les fourches caudines définies à Washington. Par le secrétaire d’Etat Marco Rubio, fils d’émigrés cubains. Les exigences sont déjà posées. Le départ à l’étranger — en Russie probablement — de Miguel Díaz-Canel, ce qui donnerait le signe de la victoire trumpiste. La libération des prisonniers politiques. La perspective d’élections libres dans le futur. L’interruption des coopérations militaires et civiles avec la Russie et la Chine. Et, surtout, l’ouverture économique, la liberté de mouvement avec le grand voisin. La fin, donc, de l’isolement, mais sous le contrôle des Etats-Unis.






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