Covid-19: le cas du Liechtenstein

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 21 avril 2020 · 2 min de lecture

Covid-19: le cas du Liechtenstein
L'entreprise suisse Ava produit des bracelets de contrôle de la fécondité. Au Liechtenstein, ils serviront à traquer les malades du coronavirus. - © Ava

Presque aucune personne infectée par le Covid-19 jusqu’à présent au Liechtenstein. Le Tages-Anzeiger nous informe que les habitants de la principauté doivent maintenant porter un bracelet électronique. Mais pourquoi diable? Parce qu’il y a si peu de cas détectés qu’on en vient à perdre la trace du virus… Sacré coronatruc.

Deux mille citoyens du Liechtenstein porteront désormais des bracelets qui contrôlent leur température corporelle, leur pouls, leur respiration et leur flux sanguin. C’est le Tages-Anzeiger qui nous livre l’info dans un article daté de ce samedi 18 avril. La principauté «a des problèmes avec le coronavirus dont les autres pays ne peuvent que rêver», comme le résume avec humour le quotidien alémanique: il y a si peu de cas (81 en date de l’article) qu’on perd la trace du virus. Selon le ministre de la santé Mauro Pedrazzini, «c’est dangereux»: une deuxième vague d’infections en automne est à redouter, qui pourrait submerger le petit Etat.

Les bracelets délivrés à cet échantillon de population serviront à transformer le pays riquiqui en laboratoire: devant être utilisés la nuit et chargés le jour, ils auront pour mission de reconnaître les «symptômes cardinaux» de Covid-19: augmentation de la température, essoufflement et toux. En fait, les bracelets sont destinés à détecter les jours de fécondité des femmes. Le lien avec le Covid-19? Difficile de le comprendre sur la base de ce seul article… Une chose est sûre: quand le logiciel détectera le virus de la mort, il enverra un message au porteur du bracelet: «confinez-vous mieux que ça et faites-vous tester!»

La démarche est basée sur le volontariat et ces bracelets tests sont offerts. A la fin du processus de développement, un algorithme sera mis au point qui utilisera les données pour apprendre quels modèles dans les signaux corporels indiquent une infection à Covid-19 avant même qu’un patient ne le remarque lui-même. Il faut dire que le Liechtenstein est une terre en or pour les études épidémiologiques. «Tout est clairement exposé et vous pouvez rapidement convaincre une partie suffisamment importante de la population de participer», souligne le médecin Lorenz Risch, dont l’équipe est à l’origine du projet.

Celui-ci a été contrôlé par un comité d’éthique zurichois. L’Etat n’aura pas accès aux données. Le ministre est formel: «ce n’est pas un bracelet Orwell!» Soit, mais il reste que l’équipe médicale aura, elle, accès aux données personnelles en question. Après tout, si les personnes sont volontaires, pourquoi se faire du souci? Eh bien, un exemple tout bête et très concret: nous sommes tous prétendument volontaires dans notre utilisation des GAFA, et pourtant notre vie est bel et bien sous le contrôle de ces dernières. Et puis, quand on prend l’habitude…

En attendant, nul n’est sûr que le projet réussisse. C’est aussi cela, la science. Et il faudra de toute manière du temps. Réponse dans quelques mois.

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