Quand la surstimulation nous éloigne du réel

Yves Borgeaud

Par Yves Borgeaud · Publié le 28 mai 2026 · 20 min de lecture

Quand la surstimulation nous éloigne du réel
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Habiter le réel à l’ère du flux d’information et de l’intelligence artificielle devient un enjeu central. Dans un environnement où l’expérience tend à être lissée, immédiate et sans friction, les rapports au temps, à autrui et à la pensée se transforment en profondeur. Ce déplacement interroge les conditions mêmes de l’apprentissage, mais aussi celles de notre présence au monde.

Sommaire

Nous vivons dans une société où tout semble aller dans le même sens: capter notre attention, accélérer nos rythmes, réduire notre inconfort. Les notifications s’enchaînent, les flux d’information ne s’arrêtent jamais, les contenus se succèdent à une vitesse toujours plus élevée. Dans cet environnement, l’intensité devient la norme.

Et pourtant, à mesure que cette stimulation augmente, quelque chose d’essentiel semble se fragiliser: notre capacité à habiter le réel.

Derrière les promesses d’optimisation et de progrès — dont l’intelligence artificielle est aujourd’hui l’expression la plus aboutie — se pose une question plus profonde. Que devient notre expérience du monde lorsque tout est conçu pour éviter l’attente, la friction, l’incertitude? Que devient notre manière de penser, de rencontrer, de nous confronter aux autres et à nous-mêmes?

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