La dépendance aux infrastructures numériques, celle aux solutions informatisées par l’intelligence artificielle, comme les interdépendances des ressources et des infrastructures critiques, ont fait apparaître de nouveaux risques systémiques. Ce n’est pas la technique informatique qui en est la cause mais la manière d’organiser et de réaliser l’informatisation de la société selon une logique de monoculture numérique intensive préjudiciable à la robustesse et à notre devenir.
Sommaire
La plateformisation a rendu toutes les actions humaines dépendantes de services informatiques fournis par une poignée d’acteurs hégémoniques via des plateformes numériques et leurs clouds propriétaires. L’ubérisation de la société, intimement liée à une architecture de services informatiques, relève avant tout de choix politiques et économiques rendus possibles par des produits technologiques. La concentration des services, des traitements et des données par des fournisseurs de services fragilise tout l’édifice numérique dont notre quotidien dépend.
Externaliser son informatique et recourir aux grandes plateformes numériques sont des choix stratégiques et donc forcément politiques. Ces choix donnent la priorité et plus d’importance à certains critères au détriment d’autres, en particulier les besoins opérationnels de sécurité. Dans la perspective d’une recherche de profit par la réduction des coûts, la sécurité et les ressources humaines sont considérées comme des variables d’ajustement.
Des choix humains à la racine des problèmes technologiques
Ce sont des choix organisationnels et des manières de commercialiser des services qui conditionnent les architectures techniques auxquelles nous avons recours. Ces dernières ne sont pas forcément compatibles par conception, avec la notion de robustesse qui d’après le dictionnaire, au sens biologique du terme veut dire être fort, résistant, solide de par sa constitution. Les choix techniques résultent de la préférence accordée à la croissance économique basée sur des critères de performance et de rationalité économiques. Dans les faits l’économie numérique est basée sur l’exploitation des données pas sur leur protection.






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