Technobiocide: un crime de guerre comme les autres?


Il est de plus en plus difficile d’ignorer les conséquences de notre dépendance aux hydrocarbures. La guerre au Moyen-Orient les met en avant comme d’ailleurs celles liés à notre dépendance à l’IA, aux centres de données et à leurs fournisseurs hégémoniques. Pourquoi ne pas imaginer et faire vivre d’autres possibles que ceux induits par de multiples dépendances qui génèrent des risques systémiques qui se traduisent en destruction programmée du vivant et de la biodiversité?
Sommaire
Dans notre Que-Sais-je ? Internet nous rappelions avec Arnaud Dufour la genèse d’Internet. «Conçu dans les années 1960 pour le compte du Département Américain de la Défense, Internet, qui à l’époque ne porte pas encore ce nom, mais celui d’ARPANET (Advanced Research Projects Agency Network), est né en 1969 dans les laboratoires de quatre grandes universités américaines. (…) A l’origine, il s’agit de créer, dans un contexte de guerre froide, un réseau de télécommunication militaire, de structure décentralisée et redondante, capable de continuer à fonctionner malgré des coupures de lignes ou la destruction de certains systèmes. Cet objectif détermine la structure distribuée d’Internet, laquelle est construite selon un maillage qui procure une redondance des liens connectant les différents ordinateurs et réseaux entre eux.» La distribution est alors au service de la résilience informatique.
Les centres de données, objets de toutes les convoitises
Ce principe fondateur d’Internet qu’est la distribution des ressources et des traitements a été substitué au profit des plateformes numériques et de l’informatique en nuage (cloud computing). L’essor de l’intelligence artificielle basé sur l’exploitation de grandes quantités de données (big data & data centers), met en avant la fragilité conceptuelle – by design – des approches centralisées qui concentrent le pouvoir informatique dans des centres de données gigantesques. Les centres de données, comme d’ailleurs les relais terrestres des infrastructures satellitaires, ou les relais côtiers des fibres sous-marines par exemple, matérialisent le cyberespace et les territoires numériques. Ceux-ci sont à conquérir ou à détruire… Ils sont devenus des moyens de conquêtes mais aussi des cibles symboliques et stratégiques tant économiques que militaires.
L’actualité de la guerre nous le rappelle: des centres de données d’Amazon au Bahreïn et aux Emirats arabes unis ont été les cibles d’attaques de drones début mars 2026. Des menaces de destruction pèsent sur le site de données Stargate destiné aux usages de l’intelligence artificielle, situé à Abou Dhabi. Les centres de données peuvent non seulement faire l’objet de cyberattaques ou de dysfonctionnements mais aussi d’attaques physiques. Ces dernières peuvent être directes ou indirectes et porter également sur leurs alimentations énergétiques ou leur connectivité aux réseaux de télécommunication.




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