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Affrontement des puissances économiques: la stratégie silencieuse des BRICS

Hicheme Lehmici

Par Hicheme Lehmici · Publié le 19 décembre 2025 · 23 min de lecture

Affrontement des puissances économiques: la stratégie silencieuse des BRICS
Les BRICS: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Cinq autres pays les ont rejoints pour former les BRICS+: Iran, Egypte, Emirat arabes unis, Indonésie, Ethiopie. © Shutterstock

Alors que l’Occident continue de penser la puissance à travers les marchés financiers et les instruments monétaires, les BRICS avancent sur un autre terrain: celui des ressources, des infrastructures de marché et des circuits de financement. Sans rupture spectaculaire ni discours idéologique, ce bloc hétérogène participe à une recomposition géoéconomique profonde, où l’accès à l’énergie, aux matières premières et aux mécanismes de paiement devient le véritable levier du rapport de force mondial.

Sommaire

Chaque jour, l’actualité internationale rappelle un peu plus que l’économie mondiale ne se joue plus dans les discours sur le libre-échange ou les fables de la mondialisation heureuse, mais dans une réalité bien plus concrète: le contrôle des matières premières et des ressources stratégiques. Energie, métaux critiques, ressources agricoles, routes d’approvisionnement et mécanismes de fixation des prix sont redevenus les véritables nerfs de la puissance. Dans un monde fragmenté par les sanctions et les ruptures logistiques, la maîtrise de ces ressources pèse désormais directement sur les équilibres économiques mondiaux.

L’exemple russe est, à cet égard, révélateur. Malgré un régime de sanctions sans précédent [1], Moscou a pu amortir le choc économique en s’appuyant sur l’immensité de ses ressources énergétiques et minières, en redirigeant ses exportations et en contournant partiellement les circuits dominants. Cette séquence a servi de signal pour de nombreuses puissances du Sud, en rappelant le rôle stratégique que peuvent encore jouer les matières premières dans les rapports économiques contemporains [2].

Sur ce terrain, les BRICS (et plus encore les BRICS+) occupent désormais une position centrale.
Ils concentrent près de 46 % de la population mondiale, environ 37 % du PIB en parité de pouvoir d’achat [3], plus de 40 % de la production mondiale de pétrole [4], plus de la moitié des réserves de gaz naturel, une part déterminante des métaux rares et stratégiques, ainsi que des segments clés du cycle du combustible nucléaire, redevenus critiques dans un contexte de transition énergétique et de tensions géopolitiques. Ces données ne relèvent plus seulement de la statistique: elles dessinent un cadre structurel que nombre de dirigeants occidentaux peinent encore à intégrer pleinement.

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