Réservé aux abonnés

Vainqueur ou vaincu, Viktor Orban continuera à compter

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 10 avril 2026 · 6 min de lecture

Vainqueur ou vaincu, Viktor Orban continuera à compter
Ce n’est pas qu’une image: Viktor Orban ne regarde pas dans la même direction qu’Ursula von der Leyen. © Depositphotos

A quelques jours d’échéances électorales décisives en Hongrie et en Bulgarie, l’Union européenne tente, une fois de plus, de peser sur des scrutins à haut risque politique pour elle. Entre tensions avec Budapest, recomposition des forces à Sofia et montée des courants souverainistes, les résultats de ces élections pourraient compliquer encore davantage les relations entre l’Europe centrale et Bruxelles.

Sommaire

L’Union européenne réussira-t-elle à renverser Viktor Orban aux élections hongroises de dimanche? Et le 19 avril en Bulgarie, réussira-t-elle à contenir la vague eurosceptique et neutraliste incarnée par l’ex-président Roumen Radev? Budapest et Sofia suivront-elles le scénario moldave et roumain, qui avait vu les élections nationales trafiquées et confisquées par les européistes, ou choisiront-elles la voie ouverte par Robert Fico en Slovaquie et Andrej Babis en Tchéquie? L’avenir des pays d’Europe centrale est ainsi fait que ce ne sont souvent plus les peuples qui décident démocratiquement de leur destin, mais les instances au pouvoir à Bruxelles. 

L’Union européenne joue en effet gros en Hongrie. Depuis une dizaine d’années, Viktor Orban a pris le leadership de la résistance aux diktats centralisateurs de la Commission. C’est lui qui bloque les 90 milliards que Bruxelles cherche par tous les moyens à verser à l’Ukraine pour poursuivre la guerre contre la Russie. C’est lui qui mène le combat pour la poursuite des livraisons de gaz et de pétrole russes dont les filiales hongroises du secteur automobile ont besoin pour se développer et conserver leur compétitivité. 

Bataille politique sous haute tension en Hongrie

L’Ukraine et l’Union européenne ont été au cœur de la campagne de Viktor Orban, marquée par des échanges au vitriol entre les dirigeants des deux camps. Kiev a fermé le robinet de l’oléoduc Droujba sous le prétexte d’un bombardement russe tout en organisant un sabotage contre le gazoduc qui livrait du gaz par le sud (des charges explosives ont été découvertes près des tuyaux en Serbie). Les services ukrainiens en ont rajouté une couche en mettant sur écoute le portable du ministre hongrois des affaires étrangères Péter Szijjártó et en publiant ses communications avec Moscou afin de pouvoir l’accuser de trahir l’Europe. 

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Pour ou contre la guerre: l’Allemagne s’enflamme

GéopolitiqueArticle

Pour ou contre la guerre: l’Allemagne s’enflamme

Depuis des mois, le chancelier Friedrich Merz parle de faire de son pays la première puissance militaire d’Europe. Le budget de l’armée a doublé, bientôt triplé, au prix de dettes et de coupes dans le social. Le ton des envolées contre la Russie ne cesse de monter. Face aux partis au pouvoir, seules l’AfD d’Alice Weidel et la petite formation de Sarah Wagenknecht se dressent contre cette politique et réclament des pourparlers de paix. Qu’en dit le peuple? Les sondages préélectoraux annoncent des changements. Rencontre à Ascona.

Jacques Pilet

L’inquiétante bascule du Brésil

GéopolitiqueArticle

L’inquiétante bascule du Brésil

Le fils Bolsonaro a devancé Lula de 1,8 % au premier tour de l’élection présidentielle. Tout indique qu’il l’emportera le 25 octobre prochain. Sa mouvance est gagnante aussi du côté des gouverneurs d’Etat et du Sénat où le rejeton a placé son épouse et son fils. A quoi pourrait ressembler le Brésil demain? Et pourquoi ce virage qui interroge le monde?

Jacques Pilet

L’Allemagne inquiète l’Europe

GéopolitiqueArticle

L’Allemagne inquiète l’Europe

Les élections régionales, en Sachsen-Anhalt, en Poméranie occidentale et à Berlin, avec l’émergence exacerbée de l’AfD et de Die Linke, sèment le désarroi dans toute l’Allemagne. L’alliance dite du centre qui gouverne aujourd’hui se fissure. Et la CDU, la droite classique, panique devant l’extrême impopularité de son leader. Cette crise politique, qui s’ajoute à celle de l’économie, a de quoi inquiéter les voisins européens, suisses compris.

Jacques Pilet