Réservé aux abonnés

Trop d’étrangers? Vieux débat… sur l’avenir

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 1 mai 2026 · 15 min de lecture

Trop d’étrangers? Vieux débat… sur l’avenir
© DR

L’initiative contre une Suisse à dix millions divise dans toutes les couches de l’opinion. Les «pour» et les «contre» ont de bonnes raisons. Au-delà des consignes de partis, jetons un regard sur le passé et les futurs possibles.

Rencontres au quotidien. Ce copain d’enfance a passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger et revient au bord du Léman pour sa retraite. Sillonnant le pays en train, il est effaré de voir partout des chantiers, des bâtiments qui barrent le paysage. Il veut arrêter une croissance qu’il juge folle. Ce voisin, lui, s’inquiète de voir ses enfants dans des classes publiques où les petits Suisses sont en minorité, bousculés, dit-il, par des communautés étrangères qui parlent dans leurs langues plutôt qu’en français. Ce collègue, qui a l’Union européenne en détestation, votera «oui» pour une autre raison: il veut enfoncer un clou dans les accords avec «Bruxelles». Cet autre ami âgé, quant à lui, passe des semaines à l’hôpital et constate que presque tout le personnel vient d’ailleurs. Il se demande ce qu’il adviendrait en cas de tour de vis. 

Chacun a son expérience, sa sensibilité qui l’emportent sur les arguments carrés de l’un et l’autre camp dans les débats publics. Tout peuple se préoccupe de garder son caractère propre. A fortiori dans un petit pays entouré de plus grands, en symbiose avec eux. Ce n’est pas nouveau. Au début du 20e siècle, alors même que tant de Suisses émigraient encore pour trouver dans le monde un sort meilleur, le Conseil fédéral mettait déjà en garde contre un «risque très aigu de surpopulation étrangère», ce qui conduisit à la création d’une police des étrangers en 1917.

Début des années 1960, arrivée de travailleurs saisonniers. Ils n’ont le droit de rester que neuf mois par an en Suisse, ne peuvent pas obtenir un bail à loyer et sont donc logés dans des baraquements. Le regroupement familial et le changement d’employeur leur est interdit durant la période de travail passée en Suisse.  (Voir Continent sans visa du 19 avril 1960). © DR

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
10 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Des villes néerlandaises interdisent la publicité pour la viande

ÉconomieLu ailleursLibre

Des villes néerlandaises interdisent la publicité pour la viande

A Amsterdam, la publicité pour la viande disparaît peu à peu de l’espace public au nom de la lutte contre le changement climatique. Cette décision, déjà suivie par plusieurs villes néerlandaises, relance un débat sensible: jusqu’où peut-on encadrer la consommation pour des raisons écologiques? En Suisse, où la promotion de la viande reste subventionnée, la question divise entre impératifs environnementaux, libertés économiques et démocratie directe.

Bon pour la tête

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

GéopolitiqueArticle

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

Le journaliste alémanique Rafael Lutz a publié, le 19 août 2026, un livre qui fait couler beaucoup d’encre: «Das NATO-Netzwerk in der Schweiz». A l’aide de documents obtenus en vertu de la loi sur la transparence, il décrit un réseau de fonctionnaires, d'experts et de journalistes qui œuvrent au rapprochement méthodique de la Suisse avec l'OTAN. Après l'intervention de l'avocate d'une haute fonctionnaire visée par un chapitre, les grands libraires alémaniques ont retiré le livre de la vente. Aucune décision de justice n'a été rendue. A trois semaines du vote sur l'initiative pour la neutralité, Rafael Lutz livre ici sa première interview dans un média romand.

Martin Bernard

Russie: la guerre comme régime de redistribution

ÉconomieArticleLibre

Russie: la guerre comme régime de redistribution

Le Kremlin aggrave les prélèvements tout en protégeant les catégories dont dépend son effort militaire. Une partie des revenus du pays dépend désormais de la poursuite de la guerre. Car celle-ci redistribue les richesses, favorisant certains secteurs et certaines régions au détriment d’une économie civile de plus en plus sous pression.

Michel Santi

Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable

ÉconomieArticle

Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable

En 2027, les primes d’assurance-maladie devraient encore augmenter. Les principales estimations tablent sur une hausse de 4 à 5 %. Le chiffre officiel tombera fin septembre. Chaque année ou presque, le même bal se répète. Nous avons plongé dans cent cinquante ans d’archives de presse helvétiques pour retracer l’histoire de l’assurance-maladie et des débats incessants sur son financement. Certaines questions posées aujourd’hui l’étaient déjà il y a plus d’un siècle.

Martin Bernard