Trop d’étrangers? Vieux débat… sur l’avenir

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Rencontres au quotidien. Ce copain d’enfance a passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger et revient au bord du Léman pour sa retraite. Sillonnant le pays en train, il est effaré de voir partout des chantiers, des bâtiments qui barrent le paysage. Il veut arrêter une croissance qu’il juge folle. Ce voisin, lui, s’inquiète de voir ses enfants dans des classes publiques où les petits Suisses sont en minorité, bousculés, dit-il, par des communautés étrangères qui parlent dans leurs langues plutôt qu’en français. Ce collègue, qui a l’Union européenne en détestation, votera «oui» pour une autre raison: il veut enfoncer un clou dans les accords avec «Bruxelles». Cet autre ami âgé, quant à lui, passe des semaines à l’hôpital et constate que presque tout le personnel vient d’ailleurs. Il se demande ce qu’il adviendrait en cas de tour de vis.
Chacun a son expérience, sa sensibilité qui l’emportent sur les arguments carrés de l’un et l’autre camp dans les débats publics. Tout peuple se préoccupe de garder son caractère propre. A fortiori dans un petit pays entouré de plus grands, en symbiose avec eux. Ce n’est pas nouveau. Au début du 20e siècle, alors même que tant de Suisses émigraient encore pour trouver dans le monde un sort meilleur, le Conseil fédéral mettait déjà en garde contre un «risque très aigu de surpopulation étrangère», ce qui conduisit à la création d’une police des étrangers en 1917.

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