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Soudan: la guerre de l’or et le prix du sang

Hicheme Lehmici

Par Hicheme Lehmici · Publié le 7 novembre 2025 · 20 min de lecture

Soudan: la guerre de l’or et le prix du sang
© Shutterstock

Dans l’indifférence quasi générale de la communauté internationale, le Soudan s’enfonce depuis avril 2023 dans l’une des guerres les plus violentes, les plus complexes et les plus meurtrières du XXIᵉ siècle. Analyse.

Sommaire

Depuis maintenant près de deux ans, le Soudan est ravagé par l’un des conflits les plus meurtriers de la planète, dans une indifférence presque totale de la communauté internationale et des médias mainstream. Opposant les troupes de deux chefs militaires jadis alliés, le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée régulière (SAF), et Mohamed Hamdan Dagalo, dit «Hemedti», commandant des Forces de soutien rapide (RSF), cette énième guerre civile soudanaise s’inscrit dans les fractures d’une société traversée par des rivalités ethniques et tribales parfaitement instrumentalisées par des puissances régionales désireuses de contrôler les richesses d’un pays aux énormes ressources naturelles…

Mais au-delà des enjeux purement géo-économiques, cette guerre d’une violence inouïe tend de plus en plus à s’inscrire dans un paradigme de nettoyage ethnique et de destructions systématique des infrastructures civiles des plus inquiétant.

Une guerre civile totale et une crise humanitaire majeure

Dans les faits, la guerre qui oppose la SAF (armée régulière) et les RSF (force paramilitaire issue des anciennes milices du Darfour) a provoqué, depuis avril 2023, une catastrophe humanitaire à l’origine de l’un des déplacements de population les plus massifs de l’histoire: selon le United Nations Regional Information Centre (UNRIC), plus de 12,5 millions de Soudanais ont été contraints de fuir leur domicile, tandis que le nombre de victimes civiles reste difficile à établir avec précision, les estimations d’ONG allant de 61 000 morts (London School of Hygiene & Tropical Medicine) à plus de 150 000 (Council on Foreign Relations), certaines organisations soulignant que ces chiffres pourraient être bien plus élevés en l’absence de recensement complet.

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