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Les élections américaines ne changeront rien aux guerres en cours

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 4 octobre 2024 · 5 min de lecture

Les élections américaines ne changeront rien aux guerres en cours
Donald Trump lors d'un meeting électoral à Glendale en Arizona, le 23 août dernier. © Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America - CC BY-SA 2.0

On ne cesse de rabâcher que les élections américaines du 5 novembre prochain seront «plus déterminantes que jamais» pour l’avenir du monde. Le sort de la planète se jouerait entre Kamala Harris et Donald Trump, entre lumières humanistes d’un côté et ténèbres infernales de l’autre. Il n’en sera rien, car la confrontation menée par les Etats-Unis pour maintenir leur suprématie mondiale, et donc les guerres en cours en Ukraine et en Palestine, continuera de plus belle, d’une manière ou d’une autre.

Cette croyance dans le rôle crucial des élections américaines est universelle. Mais elle témoigne davantage du succès mondial du soft power américain que de la réalité effective. Le lendemain des élections de novembre 2016, je me suis retrouvé sur un plateau de télévision russe à Moscou pour commenter l’élection de Trump, dont les Russes attendaient beaucoup et espéraient qu’il renverse l’hostilité de l’Occident à leur égard. Je les déçus en pronostiquant que rien ne changerait pour eux. Certes, les Républicains étaient plus hostiles à la Chine qu’à la Russie alors que les Démocrates étaient d’abord antirusses avant d’être antichinois. Mais les deux camps se rejoindraient pour faire trébucher à la fois l’une et l’autre, parce qu’ils les voyaient toutes deux comme des menaces systémiques pour leur hégémonie.

Huit ans plus tard, rien n’a changé sur le plan global sinon que la lutte pour la domination du monde – hégémonie contre multipolarité – s’est exacerbée et a éclaté en guerres ouvertes et de longue durée. Désormais, la paix ne sera pas possible tant que l’Occident ne renoncera pas à son ambition multiséculaire de dominer le reste du monde ou n’aura pas vaincu ses adversaires. Acculé, paniqué par la montée en puissance des forces contestatrices et son déclin relatif, il est devenu aussi dangereux qu’un lion blessé.

La seule chose qui a changé est que les tensions se sont aussi exacerbées à l’intérieur des Etats-Unis. Les Démocrates avaient ouvert les hostilités en 2016, en montant en épingle l’affaire du Russiagate pour discréditer l’élection de Trump puis le destituer. Lequel a riposté en janvier 2021 avec les émeutes du Capitole et son refus de concéder sa défaite. Aujourd’hui, tout est possible. Le pays, profondément divisé, doit décider entre deux modèles de société fortement antagoniques. Le chaos et la guerre civile peuvent survenir. Mais le pire n’est pas sûr car, jusqu’ici, le patriotisme constitutionnel des Américains et leur croyance quasi religieuse dans leur vocation à régenter le monde l’ont toujours emporté sur les dissensions. L’idéologie y finit toujours par s’effacer devant le pragmatisme et les intérêts bien compris. 

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