Le prix du blé… au plus bas!

Publié le 8 juillet 2022

© Vladislav Nekrasov

L’avertissement dramatique est lancé depuis des mois. Le blocage des exportations de blé et autres céréales à partir de l’Ukraine et de la Russie va affamer le monde. Poutine use là d’une arme odieuse. Tous les médias ont martelé le message. Et voilà que surgit une information qui ne confirme pas du tout cette assertion. Non pas sur les sites de la propagande russe. Sous les plus honorables enseignes: la «Sueddeutsche Zeitung», le «Tagesanzeiger» et le «Schweizer Monat». La surprenante nouvelle en revanche ne parviendra pas aux radios et aux télés.

En réalité le prix du blé, sur les marchés mondiaux, est tombé, le 1er juillet, à son niveau le plus bas depuis quatre mois. Sur le Chicago Mercantile Exchange (CME), le prix du boisseau (environ 27 kilos) a chuté de plus de 35% depuis le pic du 7 mars. Sur le Matif à Paris, le prix par tonne a baissé d’un peu plus de 18% en un mois. Pourquoi? D’abord parce que l’Ukraine a réussi à exporter beaucoup plus de grains que prévu. La Russie aussi et s’apprête à faire davantage encore avec l’aide de la Turquie qui tente de sécuriser le trafic commercial dans la mer Noire. Et puis, les fluctuations saisonnières ont leur part. La récolte 2022 qui s’annonce excellente a déjà commencé alors que les stocks sont encore importants. Le prix du maïs baisse également, celui du colza est même tombé à son niveau de fin 2021.

Sursaut conjoncturel cependant le 4 juillet, selon le site spécialisé Agritel: «Net rebond des cours du blé hier sur Paris, à la faveur notamment d’un nouvel achat de la part de l’Egypte sous forme de négociations privées, sur lequel la France aurait été retenue pour une partie. Au total 444’000 tonnes auraient été ainsi contractualisées, réparties entre 214’000 tonnes d’origines russes, 170’000 d’origines France et 60’000 de Roumanie. Il est assez inhabituel de voir l’origine France retenue en début de campagne, ce qui laisse supposer une bonne compétitivité actuellement, et une demande à l’international soutenue.» 

Pas tout à fait ce que l’on nous a raconté! 

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