Dans son premier roman, enfin traduit en français, le romancier biélorusse Sacha Filipenko met en scène l’état comateux de son pays, piégé dans une faille temporelle par un président autocrate et nostalgique de l’URSS. Ecrit en 2016, «Un fils perdu» était alors un cri d’alarme. A la lumière de ces deux dernières années, c’est désormais un appel tristement actuel et teinté de désespoir contre la résignation politique, et un hymne tendre à la société civile.
Sommaire
Les lecteurs familiers de la littérature en temps troublés connaissent la méthode: un récit politique et social en forme de fable pour dénoncer sans le dire, et aussi pour inscrire l’universalité de la lutte pour la liberté d’expression bien au-delà des frontières. Nous avons déjà évoqué ici les bestiaires (Le Pingouin et Les Pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, on notera aussi Les Cobayes, du Tchèque Ludvík Vaculík et La Guerre des Salamandres de Karel Čapek…).
Le roman du Biélorusse Sacha Filipenko, né quelques années avant la dislocation de l’URSS, a deux particularités: la métaphore filée est ici médicale; et il est paru en 2016, autant dire dans le monde plus ou moins libre de l’après-guerre froide.
Œuvre d’histoire? Non… Dans son préambule à la traduction française d’Un fils perdu, publiée cette année, le romancier l’affirme: son seul souhait, que son récit cesse enfin d’être d’actualité.





Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.