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Le manuscrit de la fille de Staline au cœur d’une opération secrète dans la presse helvétique

Jean-Christophe Emmenegger

Par Jean-Christophe Emmenegger · Publié le 3 avril 2026 · 17 min de lecture

Le manuscrit de la fille de Staline au cœur d’une opération secrète dans la presse helvétique
Svetlana Alliouïeva (Staline) chez des amis en Suisse lors de sa fuite d’URSS en avril 1967 © Jean-Christophe Emmenegger

Le 15 août 1967, une antenne du renseignement suisse reçoit une information inhabituelle. Une source codée provenant de Grande-Bretagne l’avertit qu’une opération d’influence est en cours de préparation dans un magazine helvétique. A la manœuvre, on retrouve László Taubinger, l’agent de l’Information Research Department (IRD) décrit dans l’épisode précédent.

Sommaire

La Suisse dans la guerre secrète de l’information – Episode 3

Cette fois-ci, il s’agit d’une véritable opération de service secret, une «mesure active» comme on dit dans le jargon, pas un de ces simples articles d’influence que le contributeur de l’IRD, László Taubinger, place habituellement dans les journaux suisses. Le but: exposer les tentatives soviétiques de sabotage du manuscrit de Svetlana Alliouïeva, la fille unique de Joseph Staline, qui a fui l’URSS en 1967 en emportant un récit autobiographique dans ses bagages, lequel intéresse évidemment les services spéciaux occidentaux. La manœuvre vise surtout à exposer l’éditeur londonien Alec Flegon, soupçonné d’être un agent du KGB, qui a reçu une copie pirate de ce manuscrit et veut l’éditer en Angleterre. En clair, l’opération vise à créer des preuves là où il n’y en a pas, afin de provoquer des réactions pour tenter de confondre Flegon. C’est un piège, en somme, dans la catégorie des «dirty tricks» ou de la propagande noire, pour parler le jargon, qui est monnaie courante à l’époque.

L’opération ne vise pas n’importe quel média. L’IRD envisage d’abord de faire paraître un article dans la Schweizer Illustrierte, magazine grand public à très forte diffusion. Une note de renseignement suisse en témoigne:

**«La partie britannique nous informe:

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