URSS

Pologne-Russie: une rivalité séculaire toujours intacte
La Pologne s’impose désormais comme l’un des nouveaux poids lourds européens, portée par son dynamisme économique et militaire. Mais cette ascension reste entravée par un paradoxe fondateur: une méfiance atavique envers Moscou, qui continue de guider ses choix stratégiques. Entre ambition et vulnérabilité, la Pologne avance vers la puissance… sous l’ombre persistante de son imposant voisin.

L’avenir de l’Europe s’écrit à l’Est
Après plus de trente ans, la rupture entre l'Europe de l'Ouest et l'ancien bloc soviétique n'a toujours pas cicatrisé. En dépit des clichés misérabilistes, l'Europe de l'Est semble néanmoins bien équipée pour l'avenir. Tandis que l'Europe de l'Ouest s'enfonce dans une crise systémique.

Rencontre avec la banquière férue de poésie qui fait durer la guerre de Poutine
Elvira Nabiullina, 60 ans, est depuis plus de dix ans à la tête de la Banque centrale de Russie. Cette économiste aux tendances libérales et favorable au libre marché a été installée à son poste par Vladimir Poutine et aurait toute la confiance du président russe. Depuis l'invasion de l'Ukraine, son rôle consiste essentiellement à tenir la barre de l'économie de guerre, et à empêcher l'effondrement de la monnaie nationale. Une dame de fer aux méthodes de velours, qui a conquis le FMI comme les nouveaux partenaires commerciaux de la Russie. Mais jusqu'à quand pourra-t-elle maintenir le cap? Portrait et récit par Kate de Pury, journaliste à Moscou.

Niall Ferguson: «La Suisse tirera profit de sa neutralité à l’avenir»
Le «Tagesanzeiger» a rencontré l’historien britannique et auteur de plusieurs best-sellers Niall Ferguson à Zurich. Le titre de l’article donne le ton: «Les USA, avec leur direction sénile, me font penser à l’Union soviétique au stade final». Et pour finir il loue la neutralité helvétique.

Quand débute le Jugement dernier
Roman d’espionnage plus atmosphérique qu’à suspense bien qu’il en ait la panoplie, des espions russes au poison, «Le Débutant» est aussi une méditation sur les grandes questions: la science, la mort, la morale. Traversés par la chute de l’URSS, les personnages cherchent identité, repères et sécurité, et une crainte ne les quitte pas: un secret vieux de trente ans peut-il encore tuer?

Ce passé qui ne passe pas
Martine Lombard est originaire de Dresde et a quitté la RDA pour Paris en 1986. Elle vient de publier un livre qui raconte, entre autre, ce que fut son adolescence dans le système communiste et son arrachement à celui-ci. Ces nouvelles ont été bien sûr écrites longtemps avant l’intervention actuelle en Ukraine mais en les lisant, on ne peut s’empêcher d’y penser.
Le petit pays où le temps s’arrêta
Dans son premier roman, enfin traduit en français, le romancier biélorusse Sacha Filipenko met en scène l’état comateux de son pays, piégé dans une faille temporelle par un président autocrate et nostalgique de l’URSS. Ecrit en 2016, «Un fils perdu» était alors un cri d’alarme. A la lumière de ces deux dernières années, c’est désormais un appel tristement actuel et teinté de désespoir contre la résignation politique, et un hymne tendre à la société civile.

Beaux jours en enfer
Se souvenir, raconter le Goulag, pour que les crimes du soviétisme ne tombent pas dans l’oubli. C’est un devoir de mémoire essentiel lorsque l'Histoire devient une arme de guerre. Levan Berdzenichvili, dissident et ancien député de Géorgie, s’en acquitte avec finesse, une rare intelligence et un éclat de rire qui traverse les années comme les murs des prisons.

La grimace douloureuse de Vladimir Vladimirovitch
A l’entrée d’une ville ukrainienne une femme s’arrête devant les soldats russes. Elle est seule. Ils sont un groupe, postés près de leurs véhicules blindés. Très calme, elle s’approche, leur donne des graines de tournesol et dit: «Prenez-en, prenez, et mettez-les dans les poches de vos uniformes. Quand vous allez mourir, nous allons avoir de beaux tournesols.» Ils acceptent des graines et la laissent partir... Parce qu’ils n’ont pas plus de vingt ans, parce que c’est leur première guerre, et de ce fait, ils ne savent pas encore tirer à bout portant sur les civils.


