Israël-Iran: prélude d’une guerre sans retour?

Publié le 24 octobre 2025

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Du bluff diplomatique à la guerre totale, Israël a franchi un seuil historique en attaquant l’Iran. En douze jours d’affrontements d’une intensité inédite, où la maîtrise technologique iranienne a pris de court les observateurs, le Moyen-Orient a basculé dans une ère nouvelle: celle des guerres hybrides, électroniques et globales. Ce conflit-éclair, loin d’être clos, a révélé la fin d’un ordre et l’amorce d’un affrontement mondial qui ne dit pas encore son nom.

13 juin 2025 : l’attaque qui a tout déclenché

Tel-Aviv a-t-elle brisé un tabou le 13 juin dernier? En lançant une attaque aérienne massive contre les sites militaires et les infrastructures critiques de la République islamique d’Iran, Israël a ouvert les portes du feu de l’enfer pour tout le Moyen-Orient. La question reste ouverte, mais ses conséquences, elles, ne font aucun doute: en quelques heures, l’équilibre régional a vacillé. Cette confrontation, aussi brève que dévastatrice, marque l’émergence d’un nouveau type de guerre totale, intégrant à la fois la supériorité technologique, le renseignement humain, la guerre électronique et la frappe de précision.

Car derrière cette opération se cache bien plus qu’un raid militaire: une décision politique calculée de provoquer l’effondrement du régime de Téhéran, présentée sous couvert de défense nationale. Pourtant, c’est bien sous ce prétexte de «menace nucléaire iranienne» que l’aviation israélienne s’est déployée dans ce qui a constitué la plus grande opération aérienne de son histoire, mobilisant près de 200 appareils (F15, F35 et drones de dernière génération Hermès 900 et Heron TP), sans mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, et dans ce qui s’apparente à une violation de la souveraineté d’un Etat et une agression armée prohibée par l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies.

Au total, plus de 150 cibles civiles et militaires auraient été frappées sur l’ensemble du territoire iranien: sites nucléaires de Natanz, Fordow et Ispahan, bases du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), centres de commandement, ministères…

L’opération, baptisée Rising Lion, ne s’est d’ailleurs pas résumée à des vagues de bombardements mais a été pensée comme une agression planifiée et dissimulée sous un voile diplomatique. Tandis qu’à Mascate (Oman) devait se tenir une réunion directe entre représentants américains et iraniens (une rencontre cruciale censée rouvrir le canal du dialogue nucléaire), Israël entretenait l’illusion d’une trêve.

Sous couvert d’apaisement dans les relations entre Washington et Téhéran, Tsahal fignolait en fait les derniers préparatifs de guerre. Profitant des négociations en cours, Tel-Aviv entretint l’apparence d’une désescalade, tout en préparant discrètement son intervention pour mieux endormir la vigilance iranienne. Puis, au cœur de la nuit, la tromperie prit fin. En un instant, le ciel persan devint un champ de feu: les appareils israéliens frappèrent simultanément leurs objectifs dans une offensive d’une coordination redoutable en lien avec des unités infiltrées de sabotage au sol et une véritable armée d’indics de terrain (notamment indiens et afghans), d’opérateurs de drones (fabriqués et montés sur place) et d’unités de guerre électronique à une échelle jamais vue jusque-là dans toute l’histoire militaire des conflits.

Frappes de décapitation: neutraliser l’Etat iranien

Les premières heures furent en l’occurrence dévastatrices pour l’Iran. Des frappes d’une précision chirurgicale visèrent le cœur de l’appareil militaire avec une facilité déconcertante. Parmi les victimes figurait dès les premières heures le général Mohammad Bagheri, chef d’état-major des forces armées ainsi que plusieurs responsables majeurs du renseignement militaire iranien.

Dix-sept officiers supérieurs de différents corps d’armées furent également tués, dont plusieurs membres du Conseil suprême de défense et des commandants issus du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), notamment dans les branches aérospatiales et de défense antiaérienne.

Des centres de recherche stratégique, des bâtiments du ministère de la Défense et des nœuds de communication principaux furent durement touchés. L’objectif poursuivi par la partie israélienne était clair: décapiter la chaîne de commandement iranienne, désorganiser la défense nationale, détruire au sol les batteries anti-aériennes et provoquer un effondrement interne de l’Etat, avec en appui la mobilisation d’une coalition hétéroclite de mouvements ethniques séparatistes (kurdes, baloutches…) et autres groupes armés d’opposition.

L’élite politique ne fut pas davantage épargnée: le président Masoud Pezeshkian fut légèrement blessé lors d’une frappe inédite visant une réunion du Conseil supérieur de sécurité nationale à Téhéran, tandis que plusieurs hauts responsables civils et de nombreux scientifiques de haut niveau figurent parmi les victimes ou les disparus, selon des sources concordantes. Jamais auparavant un chef d’Etat en exercice n’avait été visé de manière aussi directe dans une opération d’agression illégale, par une frappe aérienne planifiée et coordonnée par satellites.

Dans ces premières heures du conflit, personne n’échappa à la fureur de Tsahal: des états-majors militaires aux plus hautes instances du pouvoir et jusqu’aux simples civils, la République islamique fut frappée au cœur même de son autorité.

Pourtant, après une période de flottement comparable en boxe à une situation de K.-O. technique qui laissait craindre le pire pour Téhéran, le pouvoir iranien parvenait progressivement à se reconstituer. Un commandement de crise est mis en place; des unités autonomes prennent le relais.
La propagande israélienne annonce un «Iran effondré» et l’imminence du «regime change», mais la réalité est tout autre: la riposte est déjà en préparation. Elle sera dévastatrice pour Israël.

«True Promise III»: la riposte iranienne

Ainsi, dans la nuit du 14 au 15 juin, l’Iran réplique par une opération d’envergure baptisée True Promise III. En quelques heures, plus de 150 missiles balistiques et 200 drones s’abattent sur le territoire israélien. Contrairement aux déclarations des médias mainstream, les taux d’interception des vecteurs iraniens sont plutôt décevants.

Les cibles sont choisies avec soin et répondent d’objectifs stratégiques de premier plan:

  • le Ministère de la Défense (Tel-Aviv), cœur décisionnel et nerveux du système militaire israélien.
  • La Base aérienne de Nevatim (plus grande base d’Israël, hub des F-35 et centre majeur de renseignement et de projection).
  • La Raffinerie de Haïfa (Bazan), principal pôle de raffinage du pays (≈ 60 % de la capacité nationale).
  • Le Centre de recherche Weizmann (Rehovot), pôle scientifique de premier plan, principal centre d’innovation et de recherche scientifique d’Israël.
  • Les Batteries du Dôme de fer, noyau de la défense antimissile urbaine.
  • La Bourse de Tel-Aviv (TASE), nerf financier de l’économie nationale dont la destruction symbolise parfaitement l’effondrement du niveau d’attractivité d’Israël.

Les dégâts sont considérables. Haïfa brûle, sa raffinerie (qui assure plus de 60 % du raffinage national) est réduite au silence, les pipelines et les réservoirs sont éventrés, d’interminables colonnes de fumée noire s’élevant sur le port industriel. A Rehovot, le centre Weizmann n’est plus qu’un champ de ruines, pulvérisé par des missiles de précision qui ont réduit en poussière le symbole même de l’excellence scientifique israélienne. Dans le Néguev, la base aérienne de Nevatim (cœur de la flotte de F-35 et pivot de la doctrine d’attaque à longue distance de Tsahal) a subi plusieurs frappes directes: hangars éventrés, pistes endommagées, systèmes de communication et radars mis hors d’état, appareils détruits ou durablement immobilisés. Les images satellitaires confirmeront d’ailleurs ce qui a été initialement présenté comme relevant de la propagande iranienne par les médias occidentaux.

Plus au nord, certaines batteries du Dôme de fer ont cessé d’intercepter, saturées par des salves coordonnées de drones et de missiles balistiques. Pour la première fois, des intercepteurs israéliens sont détruits sur leurs rampes de lancement.

Tel-Aviv elle-même n’a pas été épargnée et a subi de très importants dégâts. Dans la nuit du 16 au 17 juin 2025, plusieurs frappes ont également ravagé le centre du pays: à Ramat Gan, des tours d’habitation se sont effondrées; à Bat Yam et Holon, des quartiers entiers ont été soufflés, évoquant tragiquement les ruines de Gaza; à Herzliya, des installations de télécommunication ont pris feu, plongeant la capitale économique dans le silence et le noir.

La Bourse de Tel-Aviv, durement touchée, a suspendu ses échanges, des tours du quartier de la Kirya ont été évacuées, et les explosions se sont succédé jusqu’au 18 juin, provoquant des coupures d’électricité et des incendies dans les zones industrielles du sud. Partout, les hôpitaux débordent tandis que les réseaux logistiques sont désorganisés et que les civils s’entassent dans les abris.

Jamais depuis sa création Israël n’avait connu une telle désolation sur son propre sol. Les images de Tel-Aviv éventrée, ses avenues jonchées de gravats et ses tours noircies par les flammes rappellent les images de Gaza: pour la première fois, le centre d’Israël a goûté à la guerre qu’il mène ailleurs. Mais au-delà des bilans, c’est une certitude qui s’est effondrée. Le mythe d’un territoire invulnérable s’est fissuré sous le choc d’une guerre hybride mêlant puissance de feu, saturation électronique et renseignement de haute précision.

Le siège du Mossad en flammes

C’est un véritable séisme à Tel-Aviv. Le siège du Mossad est en feu, par suite des frappes iraniennes qui ont secoué le quartier ultra-sécurisé de la Kirya. Le symbole est d’une force inédite: les fondements mêmes de la puissance sécuritaire israélienne vacillent sous les coups d’une technologie aéro-balistique iranienne d’une précision redoutable et dont les modèles utilisés ne cessent de monter en gamme et en efficacité.

Cette attaque, d’abord démentie par Tel-Aviv puis confirmée par Al Jazeera, TRT World, RT International, CGTN/CNTV et NDTV India, a provoqué une onde de choc dans une société persuadée de son invincibilité.

Pour la première fois de son histoire, Israël fait face à un adversaire beaucoup plus fort, capable de le frapper au cœur de son appareil de renseignement, d’aveugler ses systèmes et de renverser l’asymétrie stratégique. Le pays qui frappait sans jamais être frappé découvre désormais ce que signifie encaisser et commence à envisager le scénario de son effondrement stratégique.

Quelques heures après la frappe sur le Mossad, un silence total s’abat sur Israël. La censure militaire ordonne un black-out complet: plus d’images, plus de vidéos, plus de témoignages. Les chaînes d’information cessent de diffuser les images de destructions, les réseaux sociaux sont filtrés, les journalistes menacés de poursuites. En l’espace d’une heure, Tel-Aviv passe de la panique au mutisme absolu.

Mais c’est trop tard. Les images de Tel-Aviv en feu et de salves de missiles iraniens qui s’écrasent sans être interceptés circulent déjà sur toutes les plateformes comme TikTok, YouTube et X. Elles font le tour du monde et inspirent même un clip sud-coréen intitulé Bomb Bomb Tel Aviv, devenu viral en quelques heures, détournant les séquences réelles des bombardements. La guerre ne se joue plus seulement sur le terrain, elle se propage désormais dans les écrans. Sur ce terrain, Israël ne contrôle plus rien. Et le plus spectaculaire reste à venir…

La guerre électronique: le dôme de fer sous contrôle iranien?

Dans la nuit du 17 au 18 juin 2025, Israël plonge dans le chaos technologique. Des vidéos diffusées sur les réseaux montrent l’impensable: des batteries antimissiles tirant dans le vide, voire contre elles-mêmes, au-dessus de zones habitées. Les images, analysées par plusieurs experts OSINT, révèlent un brouillage massif venu d’Iran, qui aurait temporairement désorganisé l’ensemble des systèmes de défense aériens israéliens Iron Dome, David’s Sling et Arrow.

De leur côté, les autorités israéliennes parlent d’un «incident technique». Mais les séquences filmées depuis Tel-Aviv, Haïfa ou Ashdod montrent des intercepteurs explosant au-dessus des villes, des radars paralysés et des batteries soudain muettes. Pour de nombreux experts, l’Iran vient de remporter la première bataille de la guerre algorithmique.

Comme le soulignait un analyste russe cité par Izvestia, «la guerre électronique tend désormais à supplanter la guerre balistique».

Selon plusieurs sources militaires, Téhéran aurait également contourné les systèmes GPS en utilisant les technologies d’observation chinoises Beidou, combinées à ses propres systèmes de guerre électronique, pour leurrer ou saturer les liaisons satellitaires américano-israéliennes. Une opération d’une audace inédite qui démontre que le champ de bataille ne se situe plus seulement dans le ciel, mais aussi désormais au cœur des signaux et des algorithmes. Le bouclier d’Israël s’est retourné durant plusieurs heures contre lui-même, révélant que la puissance technologique peut aussi devenir sa propre faille… surtout lorsqu’il devait être question de vecteurs nucléaires.

22 juin: l’entrée en guerre des Etats-Unis

A Washington, c’est la panique. La Maison-Blanche est en état d’alerte: des rapports informels indiquent que l’Iran aurait pris le contrôle partiel du réseau de défense israélien. Dans la nuit du 17 au 18 juin, des échanges diplomatiques frénétiques s’enchaînent entre Tel-Aviv, le Pentagone et les bases américaines du Golfe.

Selon plusieurs fuites diplomatiques concordantes relayées par Reuters et Al Jazeera Arabic, Washington aurait adressé à Téhéran des avertissements d’une sévérité exceptionnelle, tout en activant des canaux discrets via Oman, Genève et Moscou pour tenter d’éviter un dérapage incontrôlable. Certaines sources proches du renseignement évoquent même que ces menaces auraient frôlé le seuil de la dissuasion nucléaire, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été donnée.

Comme l’écrira Der Spiegel le 19 juin 2025, ce fut «une nuit où chaque erreur de calcul pouvait précipiter le monde dans un conflit global». 

A la Maison-Blanche, la confusion règne. Le Pentagone appelle à la prudence, conscient du risque d’un engrenage incontrôlable, tandis que le cercle présidentiel, sous pression israélienne, pousse à une démonstration de force. Le président américain hésite, craignant qu’une frappe directe sur l’Iran ne déclenche un conflit systémique.

Pendant ce temps, l’architecture de défense israélienne vacille: malgré leur reprise de contrôle, les intercepteurs s’épuisent, les radars sont saturés et les missiles iraniens traversent le ciel sans être interceptés. La nuit du 18 juin 2025 marque d’ailleurs un tournant. Les systèmes israéliens tirent à cadence maximale, tandis que les stocks d’intercepteurs fondent. Les estimations les plus optimistes transmises au Pentagone plus que quelques jours d’autonomie sans réapprovisionnement massif.

Les missiles iraniens montent brutalement en gamme. Les séries Fateh, Haj Qassem et Fattah (classées parmi les vecteurs hypersoniques) frappent à vitesse extrême, suivant des trajectoires «curve» inédites, conçues pour déjouer les radars israéliens. Mais c’est surtout le Khaybar qui retient l’attention: ses salves laissent dans le ciel des ondulations lumineuses spectaculaires jamais vues, relevées par plusieurs analystes OSINT, puis commentées par la presse iranienne comme la trace d’un vol quasi-stratosphérique avant la phase terminale. Une rupture technologique majeure semble se préciser: pour la première fois, l’Iran démontre sa capacité à combiner vitesse hypersonique, manœuvrabilité et précision terminale dans un saut qualitatif qui rebat les cartes du rapport de force régional avec Israël. Tel-Aviv ploie sous la pression d’un adversaire qui, cette fois, impose le tempo.

Mais cette victoire technique provoque sa propre crise à Téhéran. Au sein des Gardiens de la Révolution, une frange dure pousse à lancer une salve décisive d’un millier de missiles pour achever Israël et en finir définitivement avec ce qu’ils nomment «l’entité», tandis que d’autres redoutent qu’un tel franchissement n’entraîne une riposte américaine, voire nucléaire. Le débat divise jusqu’au sommet. C’est finalement Ali Khamenei qui tranche: l’Iran ne dépassera pas le seuil fixé. Le Guide suprême impose la retenue: préserver la victoire politique plutôt que précipiter l’apocalypse régionale…

Alors qu’Israël s’enlise, Washington entre dans la guerre. Le 22 juin, les Etats-Unis frappent directement le territoire iranien depuis leurs bases d’Al-Udeid (Qatar), d’Al-Dhafra (Emirats) et de Diego Garcia. Plus de cent vingt raids visent les sites nucléaires, les centres de commandement et plusieurs infrastructures civiles à Ispahan et Kermanshah. Le bilan est lourd: plus de 700 morts et 2000 blessés, selon Téhéran, qui dénonce une agression illégale et un crime de guerre. Le Guide suprême Ali Khamenei promet que «chaque base américaine au Moyen-Orient devient une cible légitime». Dans les rues de Téhéran, la foule scande: «Mort à l’Amérique!» Le conflit bascule: ce n’est plus une guerre israélo-iranienne. C’est désormais une guerre irano-américaine.

Peu après ces raids, un phénomène politique majeur se produit à l’intérieur même de l’Iran: la colère et la peur unissent des couches sociales qui, jusque-là, étaient souvent critiques du régime — en particulier la jeunesse urbaine et les classes moyennes des grandes villes. Ce mouvement d’émotion nationale, massif et spontané, est aussitôt récupéré par le pouvoir. Le langage officiel, jusqu’ici fortement religieux et révolutionnaire, se teinte soudainement d’un discours national-persan: références historiques, héroïsme national et symboles pré-révolutionnaires remplacent, temporairement, la rhétorique théologico-révolutionnaire.

Bombardement d’Evin et sursaut national

Le 23 juin 2025, une frappe israélienne vise la prison d’Evin, tuant des dizaines de détenus, de gardiens et de visiteurs. Cible sans intérêt militaire, ce lieu hautement symbolique provoque immédiatement un choc national. Cet acte criminel gratuit va cristalliser encore un peu plus cet envol nationaliste et transformer la colère en une onde patriotique que le régime sait exploiter pour verrouiller l’unité interne.

Plusieurs intellectuels et observateurs iraniens établissent d’ailleurs un parallèle avec les massacres de Katyn (1940), lorsque le NKVD soviétique avait exécuté l’élite polonaise pour briser la conscience nationale.
Quelles qu’en soient les motivations (message politique, guerre psychologique ou tentative d’affaiblir l’opposition), l’effet est clair: la population, y compris la jeunesse urbaine critique du régime, se rallie dans un sursaut patriotique inattendu.

Le régime se militarise: la victoire des durs

Au lendemain des frappes du 22 juin, la guerre change d’échelle. Le bilan est lourd: plus de 1200 morts et 3000 blessés côté iranien, selon Téhéran, tandis qu’en Israël, les médias évoquent près d’une centaine de victimes civiles et militaires depuis le début des hostilités.

A Washington, le président Donald Trump affirme que les Etats-Unis ont «complètement détruit les principales installations nucléaires iraniennes», tandis que la représentante américaine à l’ONU Dorothy Shea déclare que les frappes ont «dégradé la capacité de l’Iran à produire une arme nucléaire». Mais Moscou dément: selon des rapports relayés par RIA Novosti, les sites de Bushehr, Natanz et Fordow n’ont subi aucun dommage structurel majeur, malgré l’emploi de bombes anti-bunker GBU-57 Massive Ordnance Penetrator. Les Russes évoquent des frappes périphériques sur des installations déjà évacuées depuis plusieurs semaines, transformées ensuite par Washington en victoire politique.

Face à cette situation, Ali Khamenei, affaibli et conscient de la fragilité du régime, transfère ses prérogatives stratégiques au Conseil suprême des Pasdarans. Ce geste marque un changement profond dans l’équilibre du pouvoir, au profit de la ligne dure militaire, désormais dominante dans la conduite des affaires stratégiques. L’Iran entre alors dans une logique de guerre longue, structurée autour de la dissuasion et de la continuité du commandement.

A l’évidence, la guerre des douze jours dépasse le cadre géopolitique du Moyen-Orient. Elle révèle une fracture mondiale entre deux blocs: l’Occident collectif (Washington-Tel-Aviv) et le bloc eurasiatique articulé autour des BRICS élargis (Russie, Chine, Iran, Inde, Arabie saoudite, Brésil, Afrique du Sud…). Les BRICS dénoncent une « agression atlantiste » et réclament un nouvel ordre fondé sur la souveraineté et la non-ingérence.

A Moscou, la réaction est d’abord timide, ce qui suscite de fortes critiques internes pour avoir laissé l’Iran seul face à l’Occident. Le 23 juin, Vladimir Poutine condamne les frappes comme une «agression totalement non provoquée et injustifiable». Le 25 juin, il élève le ton en qualifiant la centrale de Bushehr de «ligne rouge absolue» en rappelant la présence d’ingénieurs russes. Sa condamnation ferme n’efface pas l’ambiguïté: Moscou soutient Téhéran politiquement mais reste très prudent militairement.

Pékin, en revanche, adopte une posture plus sévère. Le porte-parole chinois affirme que «la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être pleinement respectées», et appelle à «une désescalade immédiate». Des rapports indiquent que la Chine a livré des systèmes de défense aérienne (notamment les SAM HQ-9) à l’Iran après le conflit. Ces transferts, bien que non officiellement confirmés, signalent la volonté chinoise de renforcer son rôle dans la région.

Sur le front des armements, l’Iran multiplie les partenariats: les Russes ont livré des chasseurs MiG-29 et entamé, selon les sources, des négociations pour des intercepteurs de supériorité aérienne Sukhoi-35. Parallèlement, l’Iran négocie avec la Chine pour de nouveaux systèmes HQ-9 et des avions J-10 qui ont récemment prouvé leur efficacité face aux Rafales français dans le dernier affrontement indo-pakistanais.

L’Iran apparaît désormais comme un enjeu central dans l’affrontement global: il pourrait devenir le théâtre d’une guerre mondiale à bas bruit, entre l’Occident et les puissances du Sud global.
«Ce n’est plus une escalade régionale, c’est une fracture systémique», résume un analyste.
«Le choc Israël-Iran n’est qu’un détonateur: le premier acte d’un affrontement global entre l’Occident et le monde multipolaire.»

Le début d’une ère de guerre mondiale diffuse. Vers un affrontement systémique Occident-BRICS?

Les douze jours de juin 2025 n’ont pas seulement bouleversé le Moyen-Orient; ils ont ouvert une nouvelle ère géopolitique. Israël, par son aventurisme militaire, a mis le feu à la poudrière. Les Etats-Unis, en intervenant directement, ont enterré le droit international. Et l’Iran, loin d’être détruit, s’est militarisé, recentré et projeté dans une guerre hautement technologique.

Mais la guerre n’est pas terminée. Des sources concordantes font état de déplacements de troupes américaines et d’un renforcement du dispositif aérien sur plusieurs bases du Golfe et de la Méditerranée orientale. Tout indique qu’une reprise des hostilités pourrait survenir dans les semaines à venir.

Israël, affaibli et à court de marge stratégique, cherche désormais à entraîner Washington dans une guerre ouverte contre l’Iran, une guerre qu’il n’a ni les moyens ni la profondeur stratégique de mener seul.
Dans le même temps, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS se concertent discrètement: Moscou, Pékin, New Delhi et Téhéran multiplient les échanges pour prévenir une escalade incontrôlable tout en affirmant une solidarité eurasienne inédite face au bloc occidental. Cette convergence stratégique esquisse les contours d’un nouvel ordre mondial qui ne dit pas encore son nom.

Ce qui a commencé comme une agression israélienne pourrait bien être, rétrospectivement, le premier acte d’une Troisième Guerre mondiale sans déclaration officielle.

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