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La colonisation israélienne se poursuit dans toute sa brutalité en Cisjordanie

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 6 février 2026 · 13 min de lecture

La colonisation israélienne se poursuit dans toute sa brutalité en Cisjordanie
Soldats israéliens accompagnant des colons dans le quartier arabe de la ville d'Hébron, en Cisjordanie. © Shutterstock

Des récents articles du quotidien israélien «Haaretz» et du «Monde diplomatique» relatent comment Israël soutient les colons qui continuent de voler leurs terres aux Palestiniens de Cisjordanie. Comment, aussi, des étudiants israéliens ont exigé la démission du directeur de leur école qui désirait leur parler de la violence des colons.

Sommaire

Si la Cisjordanie et sa brutale colonisation par Israël intéressent assez peu les médias européens, nos confrères du quotidien israélien Haaretz continuent d’en parler régulièrement. «Israël affirme ne pas pouvoir protéger les Palestiniens contre les attaques des colons en raison du manque de personnel au sein de l’armée israélienne», explique Matan Golan dans son article. Elle y décrit comment les habitants du village cisjordanien de Ras Ein al-Auja ont demandé aux forces de sécurité israéliennes de les protéger contre le harcèlement constant dont ils sont victimes depuis des mois de la part des colons. «La requête a été déposée en mars 2025, mais n’a été examinée qu’après que les derniers habitants de la communauté ont été contraints de fuir leurs maisons et que la cour a rejeté à plusieurs reprises leurs demandes d’injonctions diverses. Au cœur de la requête figurait la demande des habitants d’obtenir des ordonnances judiciaires interdisant aux Israéliens de pénétrer dans la zone résidentielle de la communauté et assurant leur protection afin de mettre fin aux menaces, aux vols et au harcèlement.» Lorsque les juges ont demandé quelles mesures l’Etat prendrait pour que la communauté puisse rester sur ses terres, le représentant du gouvernement a répondu que, bien qu’il ait été question d’y stationner une force permanente, «cela ne se fera pas» en raison d’un manque de personnel militaire. Ce serait humoristique si cela n’était pas aussi tragique, aussi inique: car, en revanche, «l’Etat déploie des forces importantes pour protéger pleinement les colonies organisées et les avant-postes illégaux, y compris des réservistes qui sont rémunérés pour cela.»

Il est difficile, en Israël, de dénoncer la colonisation

Toujours dans Haaretz, Carolina Landsmann explique comment «un directeur d’école a évoqué la violence des colons israéliens; ses élèves ont exigé son licenciement». Eldad Porat a suggéré aux enseignants de son établissement d’organiser une discussion en classe sur la violence des colons, en s’appuyant sur les données d’un rapport de l’ONG israélienne B’Tselem. Des élèves ont manifesté, notamment en chantant: «Que leur village brûle» et «Que l’armée israélienne gagne; fuck les Arabes». Ils ont également bloqué le bureau de l’école et exigé le licenciement du directeur.

«Ce n’étaient pas des enfants qui méprisaient toute autorité, mais des enfants soutenus par une autorité supérieure qui méprisaient leurs enseignants en son nom, explique notre consœur. Pour l’instant, il ne s’agit que de leurs enseignants et de leur directeur. A l’étape suivante — et ce n’est qu’une question de temps, ne vous faites pas d’illusions —, il s’agira également de leurs parents.»

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Patrick Morier-Genoud