Cette rayonnante personnalité neuchâteloise — elle a reçu le doctorat honoris causa en 2025, le prix de la Ville en 2015 — a une connaissance approfondie de l’Iran, son pays d’origine, du nôtre, de la France aussi. Après le fracas des manifestations iraniennes et leur abominable répression, après les commentaires enflammés et divergents de la diaspora et ceux, hâtifs, des médias peu informés de l’histoire de la Perse, écoutons la voix de la fille de Abolhassan Bani Sadr, premier président de la République islamique. Laïque, républicain, élu par le peuple en janvier 1980, chassé du pouvoir par les islamistes en juin 1981, exilé à Paris.
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Zahra Banisadr parle avec calme, à la fois du recul qu’elle prend et de son attention aux événements récents, d’autant qu’une partie de sa famille vit encore en Iran. Elle trouve les mots pour dire son désarroi et sa douleur. Pour dire aussi sa déception devant la couverture médiatique occidentale. Ainsi, il a été fait grand cas du prétendu espoir des Iraniens de voir le retour de Reza Pahlavi, le fils du Shah renversé en 1979. Elle rappelle ce que fut ce règne tant applaudi en Occident: «Il utilisait la rente pétrolière pour des importations massives de biens et d’armements, enrichissant une bourgeoisie proche de lui au détriment de la population iranienne.»
Reza Pahlavi, enraciné en Amérique, est l’homme des USA, des Britanniques et d’Israël, où il a fraternisé avec Netanyahou en 2023, allant, en juin passé, jusqu’à applaudir les bombardements de l’Iran. L’image de sa prétendue popularité actuelle est manifestement orchestrée par de puissants réseaux d’influences. Ceux-ci s’affrontent d’ailleurs dans l’emprise des puissances extérieures et adverses. Et celle des mollahs haineux, bien sûr. De tous côtés, l’arme de la peur, de la suspicion. Dans un pays où grouillent les agents de l’étranger.
Or les Iraniens tiennent à leur souveraineté. Forts d’une civilisation qui remonte à l’Antiquité. Cet Etat compte, certes, de nombreuses minorités, ethniques et religieuses, chrétiennes et juives aussi, parfois manipulées de l’extérieur, mais l’attachement à la nation est unanime, enraciné dans l’histoire. Mot-clé pour Zahra Banisadr. Elle rappelle qu’en 1905-1906, à la suite de révoltes populaires contre le Shah de l’époque, l’Iran s’est doté d’un Parlement et d’une démocratie constitutionnelle. En 1951, suite à la colère populaire aussi, le Shah dut admettre que le Parlement mette au pouvoir Mohammad Mossadegh, qui nationalisa la compagnie pétrolière britannique. Ce qui lui valut d’être chassé par un coup d’Etat monté par les Britanniques. Détail peu connu: il avait fait ses études de droit… à Neuchâtel.






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