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La chasse aux Latinos tourneboule l’image des USA

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 6 février 2026 · 14 min de lecture

La chasse aux Latinos tourneboule l’image des USA
Des agents ICE à Minneapolis. © Chad Davis

Les raids de la police ICE à Minneapolis, les assassinats, les manifestations de colère populaire ont retenu l’attention de l’opinion publique. Mais nous n’avons pas encore pris la mesure d’un programme, commencé d’ailleurs avant Donald Trump, qui fait fi de la tradition et de l’identité démocratique des Etats-Unis. Pire que Guantanamo.

Sommaire

Vingt mille super-flics sont à l’œuvre dans plusieurs villes des Etats-Unis, sans compter les compagnies privées, mandatées pour enfermer les expulsés et les expédier hors frontières. Budget de fonctionnement: 30 milliards de dollars en 2025, trois fois plus qu’en 2024. Pour l’exécution des mesures: 29 à 30 milliards. Investissement prévu dans la construction de prisons: environ 45 milliards sur les années à venir. 

Combien d’expulsions en 2025? Les chiffres sont confus, mais tournent autour d’un demi-million de personnes. Il s’y mêle des candidats volontaires au retour, exaspérés par les discriminations qu’ils subissent et qui veulent refaire leur vie ailleurs. La quasi-totalité d’entre elles sont originaires du Mexique, de Colombie, du Honduras, du Salvador, de Cuba et du Venezuela. Chaque jour, des vols y ramènent des expulsés par centaines. Dans ces pays, le choc est profond de voir des compatriotes ainsi maltraités et ostracisés pour leurs mines et leurs accents. Moins de 3% des bannis viennent d’Afrique, en dépit des affirmations de Trump, qui prétend que des hordes de Somaliens criminels sont arrivées aux States!

Arrestations au faciès et dérives sécuritaires

Des centaines de vidéos déferlent sur les réseaux, manipulées parfois, authentiques pour la plupart. La brutalité et la grossièreté des forts-à-bras aux visages masqués éclatent au grand jour. Dans les rues, sur les lieux de travail, dans les maisons. Arrestations au faciès. «Tu as un accent!» Le type se rebelle: «Toi aussi!» Et trois flics se précipitent sur lui. Scènes avérées… Une dame noire, dans sa belle voiture, est sommée d’en sortir, elle est juge fédérale! Mais elle n’est pas crue et est retenue un long moment. Un officier de marine en tenue, la peau sombre, est sommé de se mettre à genoux pour dire son innocence. Trois malabars traînent et soulèvent du sol une jeune fille qui hurle et pleure. Un père est longuement retenu, debout dans la rue, avec ses enfants désespérés à ses pieds. Des familles entières s’entassent dans les prisons des opérateurs privés qui se félicitent de leurs bonnes affaires. Ce sont eux qui organisent les vols de retour. L’un d’eux se vante d’être aussi efficace qu’Amazon dans l’envoi de colis. 

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