Publié le 7 février 2025

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Le nouveau proche conseiller du président Trump, Elon Musk, fantasme quasi-ouvertement l’Amérique en nouvel Empire romain. Et si les conditions étaient aujourd’hui réunies pour que ses rêves deviennent réalité?

Une analyse simpliste de la politique contemporaine des Etats-Unis tend à présenter celle-ci sous la forme d’un affrontement entre deux tendances distinctes: «l’Amérique-nation» contre «l’Amérique-empire». Donald Trump serait le porte-drapeau de la tendance nationale, opposée à une élite urbaine, indifférente au sort des classes populaires, sans-frontiériste et va-t-en-guerre. Cette catégorisation s’appuie sur plusieurs observations. D’abord, sur les positions protectionnistes de Trump, son fameux America first qui vise à valoriser la production intérieure. Ensuite, sur sa défense des Américains déclassés par l’hypermodernité et, depuis peu, étouffés par l’inflation. Et finalement, par le fait indéniable que lors de son premier mandat, aucune guerre ne fut initiée par les Etats-Unis, ce qui est hélas une exception. Le tout tendrait à prouver que le candidat victorieux à la dernière présidentielle n’aurait pas les ambitions impérialistes de ses opposants, mais uniquement le souci du bien commun national. Sans doute est-ce vrai pour son souci du bien commun national, mais pour l’absence d’ambitions impérialistes, cela reste à prouver. Particulièrement depuis l’arrivée d’Elon Musk dans dans son entourage proche.

Novus Ordo Seclorum

Le lendemain de la victoire éclatante de Donald Trump à la présidentielle, Elon Musk publiait un tweet énigmatique, reprenant la devise du grand sceau des Etats-Unis: Novus Ordo Seclorum que l’on peut traduire par «un nouvel ordre pour les siècles à venir». Si l’homme le plus riche du monde est adepte de l’ironie et publie régulièrement des mèmes sur son propre réseau social, cette maxime est révélatrice d’un autre aspect du personnage: son attrait ostentatoire pour l’Empire romain.

Fin 2023, le hashtag #romanempire devient viral sur TikTok en cumulant 1,3 milliard de vue. Des milliers de femmes filment leur conjoint en leur posant la question: «A quelle fréquence penses-tu à l’Empire romain?» Les réponses surprennent autant qu’elles amusent. En moyenne, très souvent. Musk ne rate pas l’occasion. Il importe le buzz sur son réseau en se posant la question à lui-même via le compte officiel de X. Sa réponse: Every day.

Depuis son achat de Twitter, le multimilliardaire publie également régulièrement des locutions latines telles que «Per aspera ad astra», «Dulce est desipere in loco» ou encore «Deus X machina». Cette dernière, modifiée ici en remplaçant «ex» par le nouveau nom de Twitter, est d’ailleurs particulièrement représentative de la technophilie californienne et signifie  littéralement «Dieu sorti de la machine». Mais au-delà de son attachement à la langue de Virgile, Musk a également multiplié des références plus explicites à l’Empire romain, telle cette comparaison du 21 novembre dernier où il écrivait «America is New Rome» en partageant une publication qui affirmait, illustrations à l’appui, que l’Amérique avait été fondée pour devenir le vrai successeur de la Rome antique. Néanmoins, son allusion ayant le plus choqué le camp démocrate date de juin 2023, lorsqu’il écrit sur X: «Perhaps we just need a modern day Sulla». Et pour cause: Sylla était un général et homme politique romain qui franchit le Rubicon − avant que l’expression n’existe − en marchant sur Rome avec ses troupes, déclenchant la première guerre civile romaine en 88 av. J.-C. Il s’imposa ensuite comme dictateur et entreprit une série de réformes draconiennes.

Incarnation de l’hubris prométhéenne occidentale

L’homme au modeste projet de transformation de l’humanité en «espèce multi-planétaire» et cybernétique aurait-il également un programme pour l’avenir des Etats-Unis… et du monde? Incarnation de l’hubris prométhéenne occidentale, Musk ne connait par essence ni limite ni modération. Il n’est dès lors par étonnant de le voir se mêler, sans aucune gêne apparente, des affaires de politique extérieure, voire de la politique intérieure de pays étrangers. Son soutien retentissant au parti de droite populaire allemand fit ainsi récemment trembler la sphère politico-médiatique européenne. Plus cinglant encore, dans un sondage réalisé sur X, le milliardaire demandait à sa communauté si les Etats-Unis devaient «libérer le peuple britannique de son gouvernement tyrannique». Le résultat fut évidemment positif. Ironie, certes, mais révélatrice des aspirations de grand justicier que portent en lui Monsieur Musk.

Ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais on ne peut que constater l’évolution des déclarations de Trump depuis son alliance avec le patron de Tesla et SpaceX. Au cours des dernières semaines, nous avons ainsi vu le nouveau président américain menacer de reprendre le contrôle du canal du Panama, proposer de racheter le Groenland[1], ou encore ironiser en mentionnant le Canada comme 51e état des USA avant de formuler, à la suite de la démission de Justin Trudeau, une proposition plus sérieuse de fusion entre les deux nations nord-américaines. Musk aurait-il inspiré au prince élu des idées de grandeur internationale, si ce n’est interplanétaire?

Certes, dira-t-on, il ne s’agit là que de grandiloquentes déclarations d’un président abonné aux superlatifs, mais celles-ci font déjà leur effet. Alors que les Etats-Unis donnaient l’impression d’une puissance déclinante – probablement à l’image du président sortant –, divisée par des conflits intérieurs, maculée par la débâcle de l’Afghanistan en 2022 et décrédibilisée par une administration évanescente, depuis le 6 novembre dernier, c’est l’image d’une nation herculéenne et conquérante que le nouveau président envoie à la face du monde.

L’hypothèse que nous posons ici est que l’entrée dans le nouvel âge d’or promis par Trump est une possibilité réelle pour l’Amérique, car un tel retournement n’est pas inédit dans l’histoire, mais que s’il advient, pourrait bien conduire à une transformation profonde des institutions républicaines et démocratiques états-uniennes.

Un précédent historique

A bien des égards, la situation actuelle des Etats-Unis est similaire à celle de la Rome tardo-républicaine. Premièrement, une grave crise de l’endettement génératrice de tensions sociales. Celle qui frappa Rome obligea César, une fois dictateur, à trouver des solutions ingénieuses pour soulager les créanciers les plus modestes tout en ne se mettant pas à dos les puissants débiteurs[2]. La situation économique resta toutefois fragile jusqu’à la reprise en main de l’Empire par Auguste. Du côté des USA, est-il encore besoin de préciser l’état alarmant de la dette souveraine qui s’élève aujourd’hui à 36’000 milliards de dollars et dont le simple paiement des intérêts coûte entre 2,5 et 3 milliards par jour au contribuable? Pire encore, c’est la société américaine tout entière qui s’enfonce dans les dettes entre leasings, hypothèques et paiements à crédit. Entre janvier 2023 et janvier 2024, les soldes impayés de cartes de crédit ont augmenté de 12% pour atteindre, à eux seuls, un total de plus de 1000 milliards de dollars.

Deuxièmement, dans les deux cas, l’augmentation des inégalités économiques a conduit la société à se polariser. Les uns défendent le statuquo et les autres cherchent à mener des réformes pour améliorer leur sort. A Rome, l’afflux de richesse en provenance des nouveaux territoires étaient essentiellement capté par une élite marchande au détriment des classes laborieuses. Le développement de «l’économie-monde» romaine, à l’instar de la mondialisation actuelle, alla de pair avec de grands bouleversements sociaux dans les territoires concernés. L’agriculture traditionnelle fit place à une agriculture productiviste spécialisée par région. De nombreux petits propriétaires terriens furent forcés de vendre leur domaine et de migrer dans les villes, principalement Rome. Cette plèbe urbaine s’opposa de plus en plus frontalement au cosmopolitisme promu par une oligarchie perçue comme parasitaire et corrompue. Ainsi, durant le premier siècle av. J.-C., les laissés-pour-compte de la prospérité romaine perdirent progressivement confiance dans les institutions républicaines, pavant ainsi la voie aux figures populistes. Même Plutarque, pourtant très critique des démagogues, fit le diagnostic d’une maladie si avancée dans les institutions de la République qu’il considéra les figures de Pompée et de César comme les remèdes nécessaires aux maux de l’époque[3]. Les parallèles avec l’ascension de Trump en politique sont flagrants. D’abord majoritairement porté par une classe moyenne déçue par la politique traditionnelle, cet outsider aux méthodes de shérif a su gagner une reconnaissance bien plus générale, même auprès d’une partie de l’intelligentsia. Sa nomination comme «homme de l’année» par le Time Magazine n’est qu’un exemple de ce revirement. L’Amérique se chercherait-elle un homme providentiel pour la soigner de ses maux?

Dégradation des mœurs et effondrement de la natalité

Troisièmement, les deux civilisations connurent une dégradation rapide des mœurs ainsi qu’un effondrement de la natalité au sein de leur population. Nous savons notamment qu’à la fin de la République, le divorce pouvait être établi par le biais d’un simple message transmis par un esclave, les figures célibataires étaient mises en avant et la parentalité était de plus en plus évitée. Il fallut attendre les réformes d’Auguste pour freiner cette tendance et raffermir la structure familiale. Décidé à restaurer l’ordre moral, le premier empereur criminalisa sévèrement l’adultère et récompensa politiquement et financièrement les familles de trois enfants et plus. A l’opposé, les hommes célibataires de plus de 38 ans étaient chargés d’un impôt supplémentaire et mis à l’écart de la vie publique car on considérait qu’ils ne contribuaient pas à la pérennisation démographique de l’Empire. Ici encore des parallèles peuvent être faits avec le camp Trump-Musk. Le premier s’est érigé en défenseur des valeurs traditionnelles contre les dérives du wokisme et le second a soulevé avec fracas le problème du taux de natalité en chute libre dans le monde occidental.

Finalement, les réformes entreprises par Auguste nous renseignent sur une autre similarité avec le monde occidental actuel; l’abandon de la religion traditionnelle au profit d’un hédonisme érigé en vertu et d’un syncrétisme agglomérant les spiritualités des civilisations périphériques. Faisant le lien entre dégradation des mœurs et abandon de la tradition religieuse, Auguste s’appliquera à revitaliser la religion romaine en faisant rebâtir ou construire des temples, en rétablissant les prêtrises et en réintroduisant des cérémonies et des fêtes traditionnelles. Si le syncrétisme ne s’arrêta pas − c’est d’ailleurs à cette période que fut construit à Rome le Panthéon, Pan signifiant «tout, tous» et Théo «dieu» −, la religion fut toutefois remise au centre de la vie publique sous Auguste. Au point d’ailleurs de fusionner les pouvoirs séculier et spirituel − l’Empereur devenant Pontifex maximus – et, partant, de créer une confusion entre les intérêts de l’Empire et les finalités de la religion.

Affrontement spirituel et existentiel

Nous constatons encore une fois un élan similaire dans la défense des valeurs chrétiennes conduite par Trump et son entourage. Certes pouvons-nous nous réjouir du redressement moral et du renouveau religieux dans une Amérique dont le grand psychiatre Viktor Frankl faisait le diagnostic d’une pathologie de masse − et encore n’avait-il pas rencontré les spécimens aux cheveux bleus que le monde des réseaux sociaux a généré depuis. Il convient néanmoins de rester vigilant sur la tournure quasi eschatologique qu’a prise la politique américaine des dernières années. Sur les réseaux, la campagne Trump-Harris a eu la dimension d’un affrontement spirituel et existentiel pour l’avenir des Etats-Unis et, par l’extension habituelle, du monde libre. Prophéties, prières et appels à la rédemption-nationale se mêlant aux actions de campagne politique les plus vulgaires. Ainsi, par suite d’une tentative d’assassinat, Trump déclara que Dieu avait épargné sa vie pour un but précis, celui de restaurer l’Amérique. Le 47e président sera donc le premier à recevoir sa légitimité, non seulement du peuple, mais aussi directement de Dieu.

Notons pour terminer un dernier point de similitude en la ressemblance du triumvirat César, Crassus et Pompée et de l’alliance victorieuse Trump, Musk et Kennedy. Trump et César sont des figures populaires, populistes dit-on aujourd’hui, qui n’hésitent pas à bousculer l’ordre établi pour défendre leurs convictions ou leurs intérêts. Crassus était l’homme le plus riche de Rome, Musk du monde. Quant à Pompée et Kennedy, reconnaissons que l’analogie n’est pas marquante, les deux personnages étant très différents. A ceci près que Kennedy, comme Pompée, bénéficie d’une aura politique héritée de son ascendance. Le premier par son oncle qui fut un président très populaire des Etats-Unis, le second par son père qui fut consul de Rome avant lui. Dans les deux cas, cette réputation fut un atout pour leur alliance.

Vers l’Empire?

Nous connaissons tous la suite de l’histoire. La République romaine se transforma en Empire et rayonna encore pendant des siècles. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la question est alors de savoir si «le pays des hommes libres» serait en train d’emprunter le même chemin. Sociologiquement, le peuple semble déjà y être prêt, préférant aujourd’hui le pouvoir charismatique des leaders au pouvoir rationnel-légal des institutions perçues comme vieillissantes et corrompues.

L’avenir reste incertain, mais force est de constater que pendant que l’Europe s’enfonce dans un marasme économique persistant, l’Amérique de Trump se réaffirme comme la super-puissance qu’elle n’a finalement jamais cessé d’être. Sur le plan économique, les Etats-Unis font preuve d’une gloutonnerie sans précédent dans leur histoire. Entre 2019 et 2023, le pays a doublé sa part dans le gâteau de l’économie mondiale, passant de 23% à 41%[4]. Principalement au détriment de nous autres, ascétiques Européens, trop occupés à réduire notre empreinte carbone et à combattre le mal de l’Est par Ukrainiens interposés. Quant à la Chine, elle peine à se remettre de sa première crise économique sérieuse depuis son entrée dans le capitalisme, creusant ainsi son retard face au pays de l’Oncle Sam.

Cette répartition disproportionnée des flux financiers mondiaux va permettre à Trump de mener sa politique protectionniste avec toute la latitude nécessaire et donc d’affaiblir encore ses partenaires/concurrents commerciaux, au premier rang desquels l’Europe. De plus, avec la victoire du Sénat, de la Chambre des représentants et une majorité des juges à la Cour suprême qui lui sont favorables, le nouveau président des Etats-Unis possède toutes les cartes pour mener la politique la plus directive que le pays ait pu connaître au cours des dernières décennies.

Une Europe vassale des Etats-Unis

Dans son livre Le Grand échiquier, l’influent conseiller de nombreux présidents américains, Brzezinski, exposait l’importance de maintenir l’Europe vassale des Etats-Unis et d’éviter à tout prix la formation d’une unité eurasienne avec la Russie. Certains analystes vont jusqu’à voir le conflit russo-ukrainien comme la réalisation discrète de cette stratégie américaine. Quoiqu’il en soit réellement, les Etats-Unis sont − du moins pour le moment − les grands bénéficiaires de cette guerre intra-européenne. La question cruciale qui se pose alors est de savoir si la résolution du conflit promise par le président Trump ne s’accompagnera pas de la provincialisation effective et définitive de l’Europe comme Rome le fit des cités grecques après une longue relation de coopération ambigüe.[5] Le ton a déjà été donné avec le Canada, lorsque Trump a justifié sa proposition de fusion en déclarant que leur voisin leur coûtait trop cher en protection militaire et que cette situation était acceptable pour un état membre des USA, mais pas pour une nation extérieure.

Sous l’influence de Musk et galvanisé par sa victoire éclatante, Trump semble donc décidé à faire entrer les Etats-Unis dans «un nouvel Age d’Or», quitte en cela à rompre avec la politique non-interventionniste de son premier mandat. Cependant, au vu de la conjonction des éléments mentionnés plus haut, cette volonté de puissance pourrait bien conduire à la chute du système républicain; d’autant plus lorsqu’un des plus proches conseillers du président est littéralement fasciné par l’autoritarisme de la ville éternelle. A l’instar d’une géante rouge, les Etats-Unis, arrivés à leur crépuscule, se déploieraient alors avec une puissance décuplée en tant que nouveau successeur de l’Empire romain. Un nouvel ordre intergalactique pour les siècles à venir. Cauchemar des altermondialistes. Rêve des archéo-futuristes.


[1] Des membres de l’équipe de Trump se sont depuis rendus sur place pour tenter de concrétiser ce projet que beaucoup pensaient n’être qu’une plaisanterie.

[2] B. Théret, éd., La Monnaie dévoilée par ses crisesvol. 1, Crises monétaires d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Editions de l’EHESS, 2007, 103-129.

[3] Sion-Jenkis, Karin. «La crise de la république romaine: le point de vue de Plutarque». Fondements et crises du pouvoir, édité par Valérie Fromentin et al., Ausonius Editions, 2003.

[4] https://www.lefigaro.fr/conjoncture/finance-industrie-les-etats-unis-accentuent-leur-domination-mondiale-20250116

[5] Kashtan Nadav. L’impérialisme romain et la Ligue achéenne (201-180 av. J.-C.): l’ambiguïté au service de Rome. In: Ktèma: civilisations de l’Orient, de la Grèce et de Rome antiques, N°7, 1982. pp. 211-220.

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