Pour ou contre la guerre: l’Allemagne s’enflamme

Publié le 13 août 2026

Le chancelier Merz. © Image générée par l’IA

Depuis des mois, le chancelier Friedrich Merz parle de faire de son pays la première puissance militaire d’Europe. Le budget de l’armée a doublé, bientôt triplé, au prix de dettes et de coupes dans le social. Le ton des envolées contre la Russie ne cesse de monter. Face aux partis au pouvoir, seules l’AfD d’Alice Weidel et la petite formation de Sarah Wagenknecht se dressent contre cette politique et réclament des pourparlers de paix. Qu’en dit le peuple? Les sondages préélectoraux annoncent des changements. Rencontre à Ascona.

En marge du festival de Locarno, le «dîner républicain» de l’éditeur Frank A. Meyer a offert une tribune à de nombreux politiciens allemands. La plupart du bord «convenable». L’hôte était notamment entouré de l’ex-patron de l’armée suisse Thomas Süssli et d’un haut commandant de l’OTAN. Les Suisses sont restés silencieux devant les discours d’outre-Rhin qui attestaient d’une vraie obsession pour «la menace russe». Pas un mot sur le Moyen-Orient. Ni d’ailleurs sur les pressions américaines. Il était impressionnant d’entendre ces personnalités de droite, du centre et de gauche unies dans cette fixation sur la poursuite de la guerre, bien au-delà de l’Ukraine. Alors même que près de 30 % des Allemands, selon les sondages, se tournent vers une formation qui réclame la paix. Mot devenu tabou. 

La question a été débattue de savoir si l’Allemagne est déjà en guerre ou non, et de qui peut en décider, quand et pourquoi. Alors que le centre de commandement de l’OTAN à Wiesbaden (NSATU) fournit déjà à l’Ukraine non seulement des armes mais des renseignements sur les cibles à atteindre en Ukraine et en Russie. Quant au drone tombé sur l’aéroport de Leipzig, qu’il soit russe ou pas, il fait penser que le conflit s’étend. Plusieurs pays européens gonflent aussi leur budget des armées, s’interrogent sur les formes et les limites du soutien militaire à leur allié de fait. Mais aucun ne s’échauffe sur ce sujet autant que l’Allemagne. Certains de ces voisins ne sont d’ailleurs guère enthousiastes à l’idée...

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