Sahara occidental: la realpolitik contre l’autodétermination

Publié le 13 février 2026

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Entre principes juridiques et rapports de force, le Sahara occidental reste un révélateur des tensions qui traversent la scène internationale. Ajustements diplomatiques européens, repositionnements américains, choix français et posture algérienne illustrent les contradictions d’un dossier où se croisent décolonisation inachevée, enjeux de souveraineté et intérêts stratégiques. Au-delà du conflit territorial, c’est la cohérence même de l’ordre international qui s’y trouve interrogée.

Le 28 janvier 2026 , l’Union Européenne, à la suite de la 15e session du Conseil d’Association entre le Royaume du Maroc et l’Union Européenne, déclare dans son communiqué du 29 janvier qu’elle adopte une nouvelle position sur le Sahara occidental: «La partie européenne a rappelé l’attachement de l’UE au règlement du différend du Sahara occidental et salué l’adoption de la Résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies…. pour faciliter et conduire les négociations en se fondant sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend, conformément à la Charte des Nations Unies.» Puis, plus loin: «…sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc afin de parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.» [1] Autrement dit, un communiqué conjoint UE-Maroc qui traduit l’ambivalence de l’UE sur le dossier et qui se lit comme une victoire diplomatique du côté du Maroc.

Le Sahara occidental est, un demi-siècle après le départ de l’Espagne, le dossier où se heurtent sans filtre le principe – décolonisation, autodétermination, droit des peuples – et la logique de puissance – alliances, sécurité, marchés, rapports de force. Dans ce thriller géopolitique, la position française est devenue un cas d’école: Paris proclame vouloir une solution «conforme aux résolutions de l’ONU», tout en verrouillant politiquement l’issue autour d’un seul scénario, celui de l’autonomie sous souveraineté marocaine, rendant l’écart entre langage juridique...

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