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Quand les PTT ont privatisé leurs services les plus rentables

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 19 septembre 2025 · 3 min de lecture

En 1998, la Confédération séparait en deux les activités des Postes, téléphones et télégraphes. La télécommunication, qui s’annonçait lucrative, était transférée à une société anonyme, Swisscom SA, tandis que le courrier physique, peu à peu délaissé, restait aux mains de l’Etat via La Poste. Il est utile de le savoir alors que La Poste s’apprête à «réformer» ses prestations.

Sommaire

Christian Levrat, le président de La Poste, est venu dimanche 14 septembre sur le plateau du Téléjournal de 19h30 de la RTS pour dire tout le bien qu’il pense des réformes actuellement en cours à la poste suisse: fermeture de bureaux, délocalisation au Portugal de certains services informatiques… Toutes les réformes se font pour le plus grand bien du public, des employés et des générations futures, affirme le président, la bouche en cœur, avec une langue de bois qu’il polit depuis des années et qui était déjà une de ses marques de fabrique lorsqu’il faisait de la politique.

Pourtant, les annonces qu’a faites il y a un mois le conseiller fédéral Albert Rösti ne sont pas rassurantes. Une révision de la loi sur La Poste devrait entrer en vigueur en 2030. Le fameux service universel qui oblige légalement La Poste à assurer des prestations postales de base partout en Suisse, garantissant ainsi l’égalité d’accès pour tous, pourrait être rendu plus «flexible». La fréquence de distribution du courrier, aujourd’hui quotidienne, pourrait être revue à la baisse, les délais d’acheminement prolongés, etc.

Tout ça, nous explique-t-on, est en partie rendu nécessaire par la diminution du courrier physique que les Suisses envoient. La baisse est importante: en 20 ans, le volume de lettres acheminées par La Poste aurait baissé de près de 40% − il n’empêche qu’en 2024, La Poste a quand même distribué 1,556 milliards de lettres. Des lettres que nous remplaçons petit à petit par des e-mails et des sms, et nous nous téléphonons, et nous faisons des visio-conférences. Pour communiquer, nous utilisons ainsi massivement les outils numériques, notamment ceux que nous loue ou que nous vend Swisscom.

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