Les grandes oreilles d’Elon Musk pourraient espionner l’Europe depuis la Suisse


A Loèche, en Valais, l’installation de 40 antennes Starlink relance les inquiétudes autour de la souveraineté numérique suisse. Derrière ce projet porté par SpaceX se profile la question de l’accès des autorités américaines aux données transitant par le sol helvétique. Entre soupçons d’anciennes collaborations avec la NSA et extraterritorialité du droit américain, l’affaire révèle les contradictions de la stratégie numérique du Conseil fédéral.
Sommaire
A Loèche, les grandes oreilles n’ont pas fini de susciter la controverse. Le 21 mai dernier, une coalition d’opposants a déposé à Berne une pétition signée par 14 550 personnes. Son objet: demander au Conseil fédéral de stopper la construction de 40 antennes Starlink sur le plateau de Brentjong. Celles-ci créeraient une «dangereuse dépendance géopolitique», selon les organisations Campax et Protection contre le rayonnement des satellites de la région de Loèche. Les autorités n’ont aucune obligation de donner suite à cette pétition. Mais il s’agit d’un geste symbolique fort à l’encontre d’un projet qui ravive le débat sur la souveraineté numérique suisse.
Elon Musk a jeté son dévolu sur Loèche pour y implanter l’une des plus grandes bases terrestres d’Europe pour son réseau de satellites Starlink (développé par SpaceX). Tout le trafic des utilisateurs Starlink dans une vaste zone d’Europe devrait passer par ces antennes avant d’être routé sur fibre. Le projet a été soumis à l’enquête le 28 mai 2025. Après l’octroi du permis de construire en novembre dernier, un recours, toujours pendant, a été déposé devant le Conseil d’Etat valaisan. Selon les informations des quotidiens valaisans «Le Nouvelliste» et «Walliser Bote», cependant, le démantèlement de deux grandes antennes (Leuk-1 et Leuk-4) est en cours tandis que des émetteurs de Starlink ont déjà été aperçus sur les lieux.
Vingt-cinq ans de soupçons
Quels sont vraiment les risques de souveraineté pour la Confédération helvétique? La question est d’autant plus pertinente que le site de Brentjong, sur les hauts de Loèche, est depuis vingt-cinq ans au cœur de soupçons d’espionnage américain.




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.