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Le libéralisme à bout de souffle?

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 13 janvier 2023 · 6 min de lecture

Le libéralisme à bout de souffle?
© Miltiadis Fragkidis via Unsplash

En août dernier, quelques mois avant de mourir, le ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makei a publié un passionnant article dans la revue «Russia in Global Affairs», qui est l’équivalent de la revue «Foreign Affairs» américaine. Il se demandait si l’ordre international libéral pouvait survivre dans le monde actuel.

Pourquoi s’intéresser à l’article d’un obscur ministre d’un pays honni par la communauté occidentale? Pour la raison qu’il pose une bonne question à partir d’un constat très simple: le libéralisme ne peut plus s’appeler libéral dès le moment où il cherche à s’imposer par la force, en usant de méthodes illibérales tant à l’extérieur de ses frontières qu’à l’intérieur. 

Sur le plan économique, après avoir conquis le monde après la chute de l’Union soviétique dans ce processus qu’on a appelé la mondialisation, le libéralisme se trouve confronté à des impasses, ou à des lacunes, de plus en plus manifestes, parmi lesquelles la disparition de la concurrence, fondement même de la doctrine libérale, au profit d’une concentration de plus en plus pesante du pouvoir aux mains de grands groupes financiers et de multinationales qui totalisent l’essentiel des capitalisations boursières et de l’investissement direct. La vogue des startups qui consiste à déléguer l’innovation à des petites structures qu’on rachète ensuite, comme dans la pharma et les logiciels, est l’arbre qui cache la forêt. 

Il en va de même pour la concentration des richesses au profit de la petite élite des plus riches (0,1 à 1% de la population), à tel point que même des milliardaires comme Warren Buffet s’en inquiètent. Par ailleurs ce libéralisme économique profite essentiellement aux puissances dominantes – Etats-Unis principalement, Chine ensuite et Europe marginalement. Le fait que les Etats-Unis puissent tordre les lois de la concurrence à leur profit en utilisant le dollar et l’extraterritorialité de leur droit interne pour punir les récalcitrants, y compris chez leurs alliés européens comme les banques suisses en ont fait l’amère expérience, est une distorsion directe du libre marché.

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