La guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques récentes ont remis la question énergétique au cœur des priorités européennes. Longtemps contesté, le nucléaire revient en force comme solution de souveraineté et de décarbonation. Mais entre relance, contraintes économiques et risques persistants, l’atome divise toujours. Tour d’horizon d’un débat redevenu central.
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Depuis la guerre en Ukraine et la récente «opération» israélo-américaine en Iran, la question de l’approvisionnement énergétique est devenue un enjeu sérieux. Perturbant la production et les relations commerciales, ces conflits mettent plusieurs pays européens devant une dure réalité et de nouveaux risques, les obligeant à mieux prévoir, et à prévoir le pire. Dans ce contexte, l’option du nucléaire revient sur le devant de la scène, alors qu’il avait perdu de son crédit depuis la catastrophe de Fukushima, en 2011. Car malgré ses défauts, l’énergie atomique offre une réponse à la nécessité d’une plus grande souveraineté énergétique. Etat des lieux, 40 ans après la catastrophe de Tchernobyl et un mois après le Deuxième sommet mondial sur l’énergie nucléaire qui s’est tenu à Paris.
L’impossible retour en arrière de l’Allemagne
En Europe, si le nucléaire était déjà l’objet de critiques et de premières distanciations dans les années 1970, puis après l’accident de Tchernobyl, c’est en 2011, avec Fukushima, que plusieurs pays européens se mettent à réviser leur stratégie énergétique.
En premier lieu, l’Allemagne. Bien que celle-ci ait déjà fixé des objectifs de sortie du nucléaire au début des années 2000 en misant sur les énergies renouvelables (solaire, éolien), c’est sous le gouvernement Merkel que le pays décide d’y renoncer complètement. Les trois dernières centrales allemandes mettent un terme à leur activité en avril 2023. La guerre en Ukraine n’aura donc différé que de quelques mois le programme de sortie du nucléaire allemand. Mais en coupant les ponts avec la Russie, l’Allemagne a intensifié l’usage du charbon et se voit obligée de recourir au gaz naturel liquéfié (GNL), qu’elle importe principalement des Etats-Unis, non sans pertes économiques.






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