La Suissesse Nathalie Yamb, star des influenceurs anti-français et pro-russes en Afrique


Pour accroître son influence en Afrique, la Russie s’appuie sur des leaders d’opinion qui cartonnent sur les réseaux sociaux, source importante d’information auprès des jeunes. Cible de ces influenceurs: la mainmise des pays occidentaux en général et de la France en particulier sur les richesses du continent. Et chaque jour, l’actualité amène de l’eau au moulin de la nébuleuse anti-française et pro-russe en Afrique, choyée par Evgueni Prigojine, proche de Poutine et financier du groupe paramilitaire Wagner.
Le 2 janvier 2023, après l’annonce que l’ambassadeur de France n’était désormais plus le bienvenu au Burkina Faso, Nathalie Yamb, l’une des dénonciatrices les plus virulentes de la France et les plus suivies en Afrique, a aussitôt réagi sur Facebook: «Ça commence bien, brique après brique, nous allons déconstruire l’édifice de la Françafrique», a-t-elle écrit. Née d’un père camerounais et d’une mère suissesse, c’est depuis la Suisse, où elle réside depuis son expulsion de la Côte d’Ivoire en 2019, qu’elle poste sur sa chaîne YouTube des vidéos choc regardées par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes. Dans celle postée il y a un mois intitulée Le Coq est mort, visionnée 528’000 fois, elle réagit à l’arrêté pris à son encontre par les autorités françaises en janvier 2022, mais rendu public en octobre dernier, l’interdisant d’entrée et de séjour sur le territoire français, en raison de ses «propos virulents à l’égard des positions françaises sur le continent africain».
Dans sa réaction sur YouTube, Nathalie Yamb s’en donne à cœur joie, clame qu’ayant «de naissance la nationalité suisse», elle ne se sent pas concernée, tout en assurant les autorités françaises qu’elle «n’en a rien à foutre de la France» et ne s’y rendra donc pas. Elle s’amuse aussi à ressortir des extraits d’un Temps présent datant de 2016 dans lequel on voit l’ex-rédacteur en chef de 24heures, Thierry Meyer, confirmer qu’il existe en Suisse «un sentiment de xénophobie à l’égard des Français». L’activiste de 53 ans en conclut qu’«en matière de francophobie, nous, en Afrique, sommes de petits joueurs par rapport aux Suisses». Avant de décliner ses thèmes favoris indexant la présence française en Afrique, ponctués de son slogan «France dégage».




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