Publié le 7 novembre 2025

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Nos cartes traditionnelles, avec le nord en haut et le sud en bas, offrent un point de vue arbitraire et distordu qui a façonné notre vision du monde: l’Afrique, par exemple, est en réalité bien plus grande qu’on ne le perçoit. Repenser la carte du globe, c’est interroger notre perception historique et morale des continents et des rapports nord-sud.

Et si, pour rafraîchir notre vision étriquée du monde, on renversait, non pas les tables, mais les cartes? En mettant par exemple la Terre de Feu, l’Afrique du Sud et l’Australie en haut et la Russie, l’Europe et l’Amérique du Nord en bas? Après tout, sur une planète en forme de sphère et dans un univers qui se déploie dans toutes les directions, la façon de représenter la Terre dans l’espace, avec l’hémisphère nord en haut et l’hémisphère sud en bas, est une convention qui n’est pas plus rationnelle qu’une autre.

A une époque où la vision occidentale du monde est contestée, où le Sud tente de prendre sa revanche sur un Nord qui l’a dominé pendant cinq siècles, et où la planète humaine entre dans une phase de décomposition/recomposition accélérée, cet effort d’imagination n’est pas superflu.

Une vision biaisée du monde

Car la représentation traditionnelle que nous avons de notre planète n’est que le reflet du point de vue du cartographe qui imagina, en 1569, la première projection moderne de la Terre sur une surface rectangulaire et inventa le premier globe terrestre: le Flamand Gérard Mercator. La facilité avec laquelle on pouvait afficher cette carte au mur et fixer ce globe autour d’un axe nord-sud, grâce à des attaches qui permettaient de le faire tourner sans peine, a fait le reste.

Mais si la projection de Mercator a été un immense progrès et a rendu d’inestimables services à la navigation, elle a aussi gravement faussé la perception du...

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